samedi 28 novembre 2009
J’ai toujours été fasciné par le voyage, aussi loin que je me souvienne. Peut-être l’aventure, de par les Daktari, Tarzan, et autres séries indiennes de mon enfance, peut-être la lumière qui se dégageait alors du téléviseur, ou peut-être encore ma chambre bateau et la vieille carte de l’Australie, encore terra incognita, que m’avaient offerte mes parents. Alors, j’ai bougé. Créteil, Évreux, Melun, Nemours, Montereau…une fois même jusqu’à Sens. À 12 ans, je planifiai, pour les grandes vacances, un tour de Normandie à vélo à deux, projet avorté bien sûr et qui aurait pu se terminer en camping dans le jardin de mes grands-parents ; à 16 ans, les premières vacances avec un copain en auberge de jeunesse, sans l’autorité parentale ; et à 17 ans, première découverte de l’Europe en train, avec la carte Interrail, le Nord pour commencer, le Sud l’année suivante. Puis, je sors d’Europe, profitant des vacances, en tant qu’étudiant puis enseignant. Au milieu des années 90, j’entame un break pour explorer davantage l’Extrême-Orient et un bout de l’Amérique du Sud. Il dure deux à trois ans. Et, au retour, je me retrouve accompagnateur de voyage, www.zigzag-randonnees.com/ situation qui perdure aujourd’hui avec http://www.wikinger-reisen.de/ et m’amène à ouvrir ce blog. Celui-ci a pour but de faire partager mes impressions photographiques en les étayant de quelques informations de base sur le pays.
mardi 1 septembre 2009
Cette partie, appelée la selva, située au Sud-ouest de la cuvette amazonienne, occupe plus de la moitié du territoire péruvien.
Une étroite bande, entre la cordillère des Andes et le bassin amazonien, abrite des cultures de manioc, café, thé. Mais aussi la coca, atout économique aussi bien que politique, le Sentier Lumineux y ayant trouvé un repli dans la dernière partie du XXe siècle en échange de sa protection des narcotrafiquants.
Contrairement au Brésil, l'Amazonie péruvienne est protégée. Formée majoritairement de forêts impénétrables, avec lianes, bambous, plantes parasites (…), elle dispose d'un climat équatorial, à savoir fortes pluies et chaleurs élevées toute l'année.
Constituée administrativement de neuf départements à la densité de population faible, elle concentre son activité sur deux agglomérations : Iquitos, née au XIXe siècle lors de l'explosion du caoutchouc, et Puccalpa, le port fluvial des bois précieux.
Le département d’Ucayali occupe l'est du Pérou, sur une superficie de 102 000 km_ pour 456 000 habitants. Le rio du même nom, découvert en 1557, mesure 1600 km de long et forme, avec le rio Maranon qu’il rejoint en amont d'Iquitos, le grand fleuve Amazone. (31)(42) (43) (44) (45)
Le bassin de l'Ucayali est aujourd'hui peuplé par les tribus Shipibos (à l'artisanat réputé), Conibos, Cashibos et Pisquibos.
PUCCALPA
(200 000 hab., 154 m)
Capitale du département de l'Ucayali, on y accède par avion ou par la route, très aléatoire en saison des pluies. À partir de là, seule la voie fluviale permet de se déplacer.
La ville, fondée en 1888, ne se développe qu'à partir des années 60, grâce au commerce du bois tropical et les ressources du pétrole. Très animée et colorée, elle s’agite classiquement autour de sa Plaza de Armas. (1) (10) (100)
YARINACOCHA
Située à 15 minutes de Puccalpa, elle est connue pour sa lagune, plan d'eau entourée de végétation tropicale, aménagée pour les sorties dominicales, avec pêche ou promenade en canot. (101)(102)(103) (104)
SAN FRANCISCO
Village proche de Yarinacocha qui, à l'instar de ses voisins, est majoritairement peuplé d'Indiens Shipibos, peuplant les rives de l'Ucayali, comme les Conibos, avec lesquels ils constituent une population de quelque 20 000 personnes. (11)(105) (107) (109)
Cérémonie de l’ayahuasca, « diète médicinale ». Mes premiers doutes quant à la crédibilité de l'ensemble se font jour. Mais le maître Alex est là, présence nécessaire pour guider le sujet afin qu'il ne s'égare pendant la séance. Je me laisse bercer par les chants incantatoires du maître qui ne sont pas sans me rappeler « Sacred spirit of Native Americans », album sorti il y a une bonne dizaine d'années, enregistrés chez des Indiens d'Amérique du Nord. (106) (108)
LE FLEUVE UCAYALI
Né dans la région d'Ucayali, de la confluence des rivières río Tambo et río Urubamba, il coule sur quelque 2670 kilomètres avant de rejoindre le río Marañón, avec lequel il donne naissance à l'Amazone.
Dans les embarcations, aux tailles très diverses, s’alignent les hamacs, bordés de quelques bancs. Tout un petit monde s'agite en conversations, balancements et vibrations au rythme des films d'action que diffuse le téléviseur posté sur une table et dépendant du bon vouloir du moteur qui l'alimente. Compagnons animaliers viennent également se mêler à la populace.
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PAOHYAN
Petit bled avec son port… qui n'en est pas un. Le réseau Internet est surprenant, comme en zone amazonienne. Dans un pueblo comme celui-ci, où l'électricité et n'est disponible qu'en soirée, la connexion, grâce à un générateur, se fait rapidement. (12) (13) (14)(15)
Quelque 10 kilomètres mènent à la cocha, énorme plan d'eau où s'attardent les p
êcheurs, avant que l’on enfile son embarcation dans un bras plus étroit, peuplé de nénuphars et jacinthes d’eau à son commencement, obligeant à sortir à la machette, pour extraire les feuilles gênant le passage.
De nuit, la grande famille des moustiques s’en donne à cœur joie, les classiques mais aussi les zancudos, version plus conséquente, et les tout-petits isangos, invisibles mais qui attaquent en masse et perturbent la nuit à force de grattage. (16) (17) (18) (19) (20)
CONTAMANA
Ville plus importante au bord de l’Ucayali, où viennent parader quelques dauphins au coucher de soleil. (22) (26) (27) (28) (29)
Dans l’arrière-pays se trouve la colpa de los guacamayos, lieu d’habitation des perroquets de la région qui peuplent les hauteurs d’un ruisseau de jungle. (23) (24) (25)
ORELLANA
Plus étendue que Paohyan, Orellana est pourtant très tranquille. Les habitants ne se laissent pas impressionner ou perturber par le monde extérieur. Impossible de s’y faire servir un café crème.
Dans l'une des écoles, un instituteur fait le cour à deux classes différentes, le matin et l'après-midi. Il essaye tant bien que mal de venir en aide à certains élèves, dont certains n'ont même pas de petit déjeuner avant de venir. (32) (33) (34) (35) jpg">(36) (38)
De l’autre côté du fleuve, Isla Banos est retiré, vivant au rythme de la jungle, village structuré mais dont la visite ne se mérite qu’au prix d’une petite marche qui donne chaud et soif. (39) (40) (41)
IQUITOS
(400 000 hab., 106 m)
Accessible uniquement par voie fluviale ou aérienne, elle n'est jusqu'au XIXe siècle qu'un refuge pour aventuriers ou créoles désargenté
emes/advanced/langs/fr.js?1248908400" type="text/javascript"> s. En 1864, l'arrivée des premiers bateaux à vapeur provoque un début d'activité, mais c'est le boom du caoutchouc qui bouleverse sa morphologie à partir de 1885.
Pendant une trentaine d'années, elle se développe à un rythme effréné. De larges avenues pavées sont construites, de luxueuses demeures se dressent et de colossales fortunes s’amassent. Les échanges commerciaux se développent, mode, spiritueux (...) arrivent d'Europe tandis que la gomme est chargé sur les quais d'Iquitos.
Mais cette croissance s'effectue au détriment des Indiens qui recueillent le latex dans des conditions épouvantables, s’endettant de surcroît pour se loger et nourrir leur famille. Entre 1900 et 1910, plus de 40 000 Indiens y ont laissé leur vie.
Après la première guerre mondiale, cette ascension économique a trouvé son terme (des plans de caoutchouc avaient été exportés clandestinement vers la Malaisie, à la main-d'oeuvre beaucoup moins coûteuse) et la chute est rude. Pour y remédier, un capitaine de l'armée péruvienne tente, après un coup d'état, d'instaurer un gouvernement autonome, mais il est rapidement défait et contraint à l'exil, et Iquitos s'endort jusqu'au boom pétrolier des années 1970, puis le gaz ces dernières années, et enfin le tourisme, même si ce dernier reste le fait d'une catégorie de voyageurs uniquement, les autres ne s'aventurant pas forcément de par là. (5) (50) (51) (52) (53) (60)
Sur le Malecon Tarapaca, boulevard du bord de l'Amazone, se dressent quelques bâtisses rescapées du temps du caoutchouc, à l'instar de la Casa de Eiffel (bâties sur les plans de Gustave Eiffel en 1889 et acquise par un baron du caoutchouc) ou de la Casa de Fitzcarraldo (du nom de l'aventurier), au coin de la Plaza de Armas. (59)
Le quartier de Belén est fameux pour ses maisons flottantes amarrées aux rives et son marché qui, selon la saison et le niveau du fleuve, peut être flottant lui aussi. (54) (55) (57) (58)(61)
Les environs d'Iquitos
Le parc de Quistococha est aménagé autour d'un lac pour y accueillir une plage artificielle ainsi que des enclos zoologiques où l'on peut voir singes, capibaras, tortues d'eau, caïma
ns, paiche (LE poisson de la région... que l'on peut déguster en hamburger dans le centre de la ville), un anaconda pour la photo, idem pour le dauphin, et des jaguars ou pumas qui font pitié. (75)(76) (77) (78)
Santo Tomas
Petit village tropical au bord d'un lac ou viennent se divertir les habitants d'Iquitos en fin de semaine, dans des bars et restaurants montés sur pilotis.
La Ferme des Papillons
Gérée par Gudrun, une Autrichienne vivant ici depuis 26 ans, elle permet de voir des papillons aux différents stades de leur vie (oeuf, cocon, chrysalide et papillon) dont le célèbre morpho, mais également d'autres représentants de la faune équatorienne amenés là parce qu’orphelins ou en péril. (66) (68) (69) (7) (70) (71) (73) (74)(93) (94) (95)
Les villages de Boras et Yaguas
Minorités les plus proches de l'agglomération d'Iquitos, qui proposent leur artisanat et un spectacle de danse plutôt pitoyable...il serait préférable d'exiger un droit d'entrée, ainsi le visiteur saurait à quoi s'en tenir. Les Yaguas sont ceux qui portent ces pagnes de fibres végétales, occupant la région d'Iquitos à la frontière colombienne. On estime cette population à quelque 3000 individus aujourd'hui. (62) (63) (64)
L’AMAZONE
Premier fleuve du monde, avec 7025 km de long, il est constitué par la réunion du Maranon et de l'Ucayali.
Au début du XIVe siècle, un capitaine inca est envoyé en reconnaissance pour prendre possession des terres d'Indiens sauvages de la selva (appelée Antis par les Incas, d'où le nom Andes), ce pourrait être le premier explorateur de l'Amazone.
Vers 1500, c'est le Portugais Yanez Pinzon, compagnon de Christophe Colomb, qui en découvre l'embouchure sans pour autant poursuivre son chemin vers le Sud, jusqu'au Pérou.
Par conséquence, c'est Francisco de Orellana, parti en 1541 à la conquête de la cannelle et de l'Eldorado avec Gonzalo Pizarro, qui documente davantage sur ce fleuve qui le mène jusqu'à l'Atlantique. C'est d'ailleurs là qu'est née la légende des Amazones, femmes indiennes qui attaquèrent l'embarcation des Espagnols. (87) (89) (90) (91)
INDIANA
Village tranquille en bord de fleuve, la délinquance, si ce n'est la vente de drogue douce, n'ayant pas encore franchi la frontière des grandes villes que sont Puccalpa et Iquitos. Un policier m'explique que le rôle du commissariat est ici, comme dans les autres communautés traversées ces dernières semaines, plutôt administratif ou dissuasif. Il ajoute en outre que, devant le désir matrimonial et maternel de nombreuses péruviennes, particulièrement dans le bassin amazonien, la loi a abaissé l'âge du mariage légal à 14 ans, la petite devant être cependant consentante. Et, dans le village, elles semblent l'être particulièrement, à en croire le nombre de ventres ronds croisés. (8) (79) (80) (81) (82)
MAZAN
Bourgade un peu plus importante, parce que située entre l'Amazone et le Napo. Deux ports donc, selon là où l'on veut se rendre. Son petit bazar, du côté Napo, rappelle, par sa mise en place, les magasins Tati de Paris…ou, en fait, un pays nord-africain ou moyen-oriental. (84) (85) (86)
FRANCISCO DE ORELLANA
Municipalité très propre, au bord d'un bras du rio Napo, tout peuplé de nénuphars et comptant quelque 2000 habitants, 7000 si l'on inclut tous ceux du district, comme on dit ici.
A l’extérieur, derrière le terrain de football, les macaques viennent faire leur marché dans les arbres à la nuit tombée, discrets, progressant au loin de branche en branche. (96) (97) (98) (99)
DIAPORAMA AMAZONIE PERUVIENNE
envoyé par jcgrap.
mercredi 1 octobre 2008

Vers la démocratie ?
En 1991, le colonel Ould Tayah, alors à la tête de la dictature militaire depuis 1984, entame un processus qui se veut officiellement démocratique. Il se voit de fait élu à la présidence de la jeune république Islamique de Mauritanie en 1992, puis en 1997.
Mais en 2005, l'armée met fin à son régime totalitaire et installe de véritables institutions démocratiques, avec un chef d'Etat transitoire, Ely Ould Mohamed Vall qui, conformément à ses engagements, ne se présente pas à l’élection présidentielle de 2007.
Sidi Ould Cheikh Abdallahi est alors élu démocratiquement, mais est renversé en 2008, et la situation reste actuellement très tendue dans le pays.

GÉOGRAPHIE
La Mauritanie est à quelque 90% constituée de désert. Son évolution a connu des périodes verdoyantes avant que l'aridité ne prenne le dessus, il y a 4000 ans.
Depuis le paléolithique, la présence humaine y suit le rythme des phases humides. L'eau, formant puits, nappes et lacs, se stocke dans des pièges géologiques formés dans les plateaux.
Répartition
12 unités administratives (wilaya) composent le pays, contenues dans 5 grandes régions :
- le Sahara désertique, au Nord, avec Zouérate, centre du minerai de fer, et Nouadhibou, capitale économique.
- le Trab El Hajra, bande centrale, fief des Maures et région des anciennes cités caravanières - Chinguetti, Ouadane, Tîchît, Oualata - et oasis approvisionnant le pays en dattes.
- les Hodh, à l'Est. A la porte de l'Afrique noire, la région pratique l'agriculture et l'élevage. Avec la savane, la végétation se fait plus régulière.
- la Guebla, au bord de l'Atlantique, avec Nouakchott, la capitale, donc une population élevée.
- la vallée du fleuve, au Sud. Le fleuve Sénégal constitue la frontière avec le pays du même nom et permet une activité agricole plus intense, pratiquée par différentes ethnies noires.
Météorologie
Le climat très aride n’accueille que 100 mm de pluie par an, sauf dans le Sud où elles atteignent 600 mm de juillet à septembre. Sur la côte, l'alizé maritime atténue un peu la chaleur alors qu'à l'intérieur, l'harmattan arrive relativement sec de la région méditerranéenne.
HISTOIRE
Paléolithique, l'âge de la pierre
L'Homme est présent en Mauritanie en 600 000 av. J.-C., fabriquant des instruments à partir de galets. Vers 400 000 av. J.-C., à l'âge du feu, apparaissent les bifaces, plus aiguisés. A partir de 35 000 av. J.-C., la Mauritanie se peuple davantage, et la côte atlantique voit arriver ses premiers habitants. Mais entre 16 000 et 8 000 av. J.-C., l'aridité produit l'effet inverse, terminant le paléolithique par une période pauvre en démographie.
Néolithique, organisation de l'économie
A partir de 8 000 av. J.-C., le Sahara, plus habitable, dispose de nombreux lacs. L’Homme se sédentarise et s'adonne à l'agriculture, menant une vie plus prospère qu'à l'heure actuelle.
L’artisanat se diversifie. On utilise la pierre pour outils, armes (pointes de flèche…) et bijoux, le bois pour la confection de manches et de charpentes, et l'os pour poignards, hameçons…
A la fin du Néolithique (2 000 av. J.-C.), la désertification amorcée amène une partie de la population vers l'océan et le fleuve Sénégal, où l’on bâtit des villages et élève des bovins.
En outre, les populations noires, présentes sur le sol mauritanien bien avant les Berbères, y auraient été refoulées par ces derniers.
Vers 750 av. J.-C., les mines de cuivre d'Akjoujt sont découvertes et ce métal, allié à la pierre permet la fabrication d’armes utilisées par les Berbères dans leur colonisation du Sahara.
Prospérité
La république islamique de Mauritanie n'existe en tant que telle que depuis 1991.
La civilisation romaine en Afrique occidentale n’a pas dépassé le Maroc.
Grâce au dromadaire qui a remplacé le cheval sur le sol saharien au IIe siècle de l'ère chrétienne, les Berbères Sanhadja contrôlent les routes caravanières, dominant le commerce entre Europe et Afrique. Puis se succèdent différentes ethnies.
- les Almoravides
Ces moines-soldats musulmans dirigent à partir de 1055, pratiquant un islam sunnite strict et à l’origine de la religion musulmane dans le Sahara occidental, et du concept des castes.
- les Arabes
Lors des querelles intestines du XIIIe siècle au XVIIe siècle, les Beni Hassan, arrivés de Haute Egypte, s'imposent face aux Berbères. Leur langue, le hassaniya, dérivée de l’arabe, devient usuelle. La Mauritanie, connue alors sous le nom de "pays de Chinguetti" dans le monde musulman, vit des jours prospères grâce à l'activité de la ville sainte, ainsi que celle de Ouadane, Tîchît et Oualata, villes-relais signifiantes dans le commerce transsaharien.
Vassalité
Arrivent alors les Européens, motivés par le commerce de la gomme arabique.
Au début du XXe siècle, la France, présente au Sénégal, étend sa domination à la Mauritanie, qui permet de faire la jonction entre les possessions du Maghreb et celles d'Afrique noire.
L'Indépendance, en 1960, donne le jour à de nouveaux troubles entre diverses fractions, notamment arabo-berbère et négro-africaine, les premières dominant la politique, les secondes la fonction publique. De plus, les méfaits climatiques infligent au pays plusieurs sécheresses, amenant les nomades dans les villes et les Maures blancs sur les rives du fleuve Sénégal.
L'enjeu sahraoui
L'explosion du Sahara occidental, abandonné par l'Espagne dans les années 70, devient un enjeu militaire entre Maroc et Mauritanie, et assoit la suprématie de l'armée du roi Hassan II.
Le Front pour la libération de la Saguia El Amra et du Rio de Oro (Front Polisario), créé en 1973, continue pourtant à réclamer l'indépendance de l'état sahraoui. Nombres de ses partisans ont temporairement trouvé refuge à Tindouf en Algérie.
Le Sahara, plus de 2/3 du territoire, rend l'économie mauritanienne précaire.
Fer
Les gisements de minerai de Kedjet Ijill, exploités depuis 1963, sont nationalisés en 1974, subissent les aléas de la crise économique. Le fer est acheminé de Zouérate vers Nouadhibou par le plus long train du monde (quelque 2,5 Kms), qui comprend un wagon pour voyageurs.
A Akjoujt, ceux de cuivre sont abandonnés ou exploités de manière si sporadique qu'ils procurent à la ville cette atmosphère particulière propre à une mine désaffectée.
Pêche
Nouadhibou, capitale économique, participe à l'activité du pays grâce à son port, qui connaît cependant quelques difficultés financières. La pêche, 2e revenu d'exportation du pays, est menacée par la surexploitation de la mer par des pavillons étrangers (Japonais, Espagnols, Russes...). (12) (13)
Agriculture
Avec mil, maïs, riz, dattes, elle ne couvre plus les besoins du pays ; la désertification rendant la production irrégulière, les importations céréalières sont en hausse constante. Quant à l'élevage, malgré la sécheresse, on trouve quelques troupeaux de chèvres ou de dromadaires.
Tourisme
Amorcé dans les années 90, il reste un point d'interrogation. Représentant un apport de devises substantiel, il reste pourtant lié à la situation de l'Algérie. Nombres d'amoureux du désert se sont rendus en Mauritanie parce que frustrés de ne pouvoir aller dans le Hoggar ou le Tibesti algérien. De plus, les meurtres de fin 2007 sur des Français l’ont affaibli sensiblement.
Ceux qui ont su faire bon usage de cette brèche ouverte se sont agrandis au fil des années, s'assurant une notoriété que les nouveaux venus ne peuvent leur disputer que difficilement.
Devise mauritanienne
En 1973, la Mauritanie organise sa sortie de la zone franc. Après négociations et révision de ses accords avec le gouvernement français, elle crée sa propre monnaie, l'ouguiya.
SOCIÉTÉ
La Mauritanie présente un visage pluriethnique, mais il existe une unité nationale avec l'islam pour fondement.
Les Maures
Les Berbères sont présents en Mauritanie avant l'ère chrétienne et poussent alors les Négro-africains plus au sud. Au XIIIe siècle arrive la tribu des Beni Hassan en provenance d'Orient. Du brassage de ces deux peuples est née l'identité maure, de langue hassaniya.
Les nomades sont en majorité des Maures blancs (Beïdanes), les Maures noirs préférant habiter la ville, ou travailler la terre dans une oasis. Les autres Beïdanes tiennent généralement les magasins tandis que les Noirs versent souvent dans les travaux manuels.
Les Négro-africains
Wolofs, Soninkés, Peuls et Toucouleurs, ils peuplent surtout le Sud, le long de la vallée du fleuve Sénégal, habitant des maisons de terre, et occupant les secteurs de l'agriculture, l'administration et l'artisanat. Ils parlent une langue propre à leur ethnie.
Les tribus
La sédentarisation a bouleversé les structures sociales, tendant à faire disparaître le système des castes, mais la relation à la tribu persiste, avec, en haut de la hiérarchie, les marabouts, pour leur portée spirituelle, et les guerriers, personnalités respectées. Soumis à leur domination, différentes tribus minoritaires :
- les Harratines, descendants soit d'anciens esclaves noirs capturés lors de guerres, soit de peuples du néolithique.
- les Iguiawen, griots, sorte de troubadours. Poètes et musiciens à la fois dédaignés et redoutés pour leur langue acérée, ils tendent aujourd'hui à être médiatisés et conviés, contre salaire, lors de cérémonies festives.
- les Imraguen pêcheurs entre Nouakchott et Nouadhibou, dans la région du banc d'Arguin.
- les Mallemins, forgerons, se montrent habiles à la tâche.
- les Némadis, sur le point de s'éteindre, chassent l'antilope à l'ancienne, dans l'Est du pays.
Etat civil
De nombreux Maures sont dans l’incapacité de donner leur date de naissance, la déclaration à l’état civil ne se systématisant que maintenant. Leur âge est donc estimé arbitrairement, opération parfois difficile pour des gens aux traits burinés par la vie rude du désert.
Langue
Officiellement, on parle l'arabe. Le wolof, le pular (chez les Peuls et les Toucouleurs) et le soninké sont également reconnues comme langues nationales. Le hassaniya est parlé couramment, et le français peut être enseigné aux minorités non arabes.
Mariage
La polygamie, peu courante aujourd'hui, est autorisée si l'homme peut entretenir plusieurs épouses (quatre au maximum), avec l'accord de ces dernières. Le droit de divorce existe, même pour la femme, s’il a été mentionné dans le contrat de mariage.
Henné
Arbrisseau originaire d'Iran, il est cultivé dans les palmeraies. Ses feuilles, réduites en poudre, trouvent diverses utilisations, d'ordre religieux, pharmaceutique ou cosmétique (éloignement des mauvais esprits, anti-diarrhéique, coquetterie …). Des bandes de sparadrap sont fixées sur la peau selon un modèle géométrique (avec éventuellement une signification clanique). Sur les parties restées visibles est appliquée la pâte à henné qui, retirée après séchage, laisse place à un motif des plus intéressants. (18) (19)
Le thé
Vert de Chine et incontournable, il accompagne les palabres. Une session implique une séance de trois verres au minimum, à savoir celui, amer, de la mort, puis celui, fort, de la vie et celui, suave, de l'amour. Le liquide est versé à l'envi, jusqu'à l'obtention d'une mousse crémeuse. Le thé, ajouté une fois chaud, donne à l’ensemble l'aspect d'une chope de bière miniature. Du nahna (menthe) vient éventuellement parfumer la mixture. (90) (93) (94) (96) (98)
Parmi les boissons locales également le lait de chamelle, moins épais que celui de vache mais plus fade aussi, et le srig, lait de chèvre (ou vache parfois) additionné d'eau, frais, très prisé.
NB : le pays n'a aboli l'esclavage qu'en 1980. Les Harratines ont ainsi recouvré une liberté dont beaucoup ignorent le fonctionnement, et en pratique donc, de nombreuses familles aisées disposent encore de servants, restés au service d'un maître qui assure la subsistance.
ARTISANAT MAURE
Le travail du cuir (vache, chameau ou chèvre) est traditionnellement réservé aux femmes alors que celui du métal est l’affaire des hommes, s’ils appartiennent à la caste des forgerons.
Ainsi sont fabriqués coussins, guerbas (pour transporter eau ou srig), sandales ou blagues à tabac, très prisées par la gent masculine.
Fer, cuivre et argent sont utilisés pour la confection d'outils, armes et bijoux.
DIVERTISSEMENTS MUSICAUX
Ils sont de différents ordres :
- les liturgies où les dévots, généralement des jeunes gens, honorent le prophète par des incantations rythmées au son de la djambé (tambour africain) et, parfois, d'une guitare électrique. Les chants relèvent plus de la fête que du fanatisme religieux, et de la sympathie est témoignée au voyageur qui s'y égare. Il se voit même parfois invité à danser par une belle femme voilée. La question se pose alors à l'Occidental novice : danser oui, mais danser quoi ?
- la réunion festive, propre aux Négro-africains, au rythme plus endiablé. Accompagnées par des joueurs de djambé, les danseuses (la communauté féminine y est en général largement représentée) s'adonnent à des figures de style et des grimaces variées. Cela leur permet de préserver leur identité face aux Arabo-berbères.
NOUAKCHOTT
Ville nouvelle, elle est créée en 1958, peu avant l'indépendance du pays. Il fallait une capitale pour une population mixte qui avait des difficultés à trouver un terrain d'entente. Nouadhibou (alors Port Etienne) et Rosso étaient soit trop au Nord, soit trop au Sud. Nouakchott, à
mi-chemin, évite le contentieux entre Maures et Négro-africains. Mais la nouvelle cité, prévue pour accueillir quelque 15 000 habitants, victime de sa démographie, voit s'étoffer les bourgs voisins jusqu'à elle, et la population dépasse aujourd'hui les 500 000 âmes. (10) (11) (14)
L'ADRAR
Bande centrale composée d'oasis et falaises gréseuses traversées par des oueds, l'Adrar est jadis choisi par les Almoravides pour y installer leur capitale, Azougui. L’actuelle capitale régionale, Atar, se trouve à quelques kilomètres de là. (46) (47)
Les altitudes y sont faibles puisque la passe d'Amogjar culmine à quelque 700 mètres, alors que des villes comme Atar ou Chinguetti affichent respectivement 240 et 600 mètres.
Habitations
Les maisons en pierre typiques du Sahara comportent une place centrale autour de laquelle s'articulent les chambres. Souvent, elles disposent d’au moins un étage, auquel on accède par un escalier extérieur, ainsi que d'un toit en terrasse pour contempler les environs.
La tente maure des Nomades, la khaïma, toile de coton blanc aux motifs de couleurs vives et variées (auparavant tissée en laine de mouton noir mêlée à des poils de chameau, pratique quasiment disparue aujourd’hui), est tenue par deux piquets latéraux et parfois un mât central. A l'intérieur, le mobilier consiste en quelques nattes aux motifs géométriques, coussins en peau de chèvre, nécessaire à thé, sacs et cantine pour les denrées alimentaires et des ustensiles de cuisine. Tout doit être aisément transportable pour faciliter les déplacements des caravanes.
L’oued el Abiod est un fleuve de sable d'à peine 100 mètres d'altitude, dont la piste permet la liaison entre quelques cases, villages oasiens et puits disséminés sur sa longueur.
TERJIT
Oasis réputée pour sa source d'eau chaude, Terjit présente le double avantage de la relaxation du bain et de la fraîcheur qui se dégage de la falaise humide. En été, au mois de juillet, la palmeraie est le théâtre de la fête des dattes, la guetna. Les Maures viennent s'y reposer de la chaleur, quittant les villes pour festoyer en l'honneur de la récolte du fruit très prisé. C'est également une période riche en célébrations de noces. (15) (16) (20) (88) (89)
TIFOUJAR
Quelques cases seulement pour une étendue de sable où le regard se perd, un canyon camouflé derrière des dunes qui en cachent toujours de nouvelles, un troupeau de dromadaires, un fier Maure arrivé tout droit de son Tagant natal, massif du lointain Sud-Est ou encore la curiosité de petits bergers maures qui abandonnent pour un moment joyeux leurs quelques chèvres, espérant glaner quelque surprise toute européenne.
TOUNGAD
Cette oasis, source d'ombre et de fraîcheur, permet de se procurer quelques légumes pour sa pitance, achetés directement dans les jardins. C'est également ici que seraient produites les meilleures dattes du pays, palme bien naturellement très disputée. (21) (22) (25)
OUJEFT
Située à une quarantaine de kilomètres de Terjit, cette oasis offre, outre la jouissance de sa palmeraie, la particularité de ses maisons rondes juchées dans la montagne.
ATAR
Fondée au XVIIe siècle par une tribu de Chinguetti, elle a pris de l'importance lors de la présence française, l'armée en ayant fait un point stratégique.
Aujourd'hui, chef-lieu de l'Adrar, connectée à la France par charters (ce qui évite l'arrivée à Nouakchott, plus éloignée des cités de l'Adrar), d'octobre à début avril, elle profite de la brèche touristique ouverte il y a quelques années. Son aéroport, qui assure également plusieurs fois par semaine la connexion avec les grandes villes du pays (si toutefois les deux Faulker en fonction dans le pays ne sont pas en stage réparateur), se modernise peu à peu.
A Atar, on peut faire le plein d'essence, téléphoner, consulter à l'hôpital, effectuer des réglages sur sa voiture, dernière possibilité avant d'emprunter les chemins désertiques de l'Est du pays.
Activité tranquille
Le matin et en fin d'après-midi, une fois passée la grosse chaleur simultanée à la sieste, le marché s'anime. Marchands d'étoffes flamboyantes, de fruits et légumes frais, de viande que l'on devine parfois sous les mouches, de souvenirs pour l'entourage, vendeurs de pain - un héritage colonial -, de pâtisseries encore chaudes et fumantes, gamins improvisés buralistes proposant timbres et cartes postales, habiles forgerons, épiciers et colporteurs en tout genre sortent de leur léthargie quotidienne pour donner de la couleur et de la vie au bourg.
A l'extérieur de la ville, les jardins et les palmiers-dattiers sont abondants, témoignant d’une, relative, profusion d'eau dans cette région de Mauritanie. (26) (27) (28) (29)
Présence française
Les anciens bâtiments coloniaux symbolisant la grandeur française ne sont plus que des ruines aux relents de défections animales et humaines, où chèvres en rupture d'affiches murales, chiens et gamins traînent leur faim ou leur ennui.
Depuis un incident diplomatique survenu en 1999 lorsque, à Montpellier, la France avait mis un militaire mauritanien en examen pour tortures sur prisonnier, les militaires de l'hexagone (envoyés officiellement en Mauritanie en mission d'assistance) se sont retirés du pays. Les instructeurs militaires sont aujourd'hui mauritaniens.
AZOUGUI
Ancienne capitale almoravide, aujourd'hui palmeraie à quelques kilomètres au Nord-ouest d'Atar, Azougui abrite en son cimetière la tombe toujours vénérée de Al-Hadrami, compagnon d'Abu Bakr, venu prêcher la bonne parole musulmane au XIe siècle. Qadi d'Azougui (juge auxquelles sont surtout attribuées les affaires religieuses), le saint homme est au centre d'une querelle entre différentes tribus qui le revendiquent comme leur ascendant.
FORT SAGANNE
L'édifice est né du film dont il porte le nom, sorti en 1984. L'histoire se déroule en Algérie mais pour des raisons pratiques, la passe d'Amogjar, avec ses montagnes tabulaires et ses canyons, a été choisie pour les scènes d'extérieur.
Sur la roche, on rencontre parfois quelques gravures rupestres, témoignage d'une vie préhistorique plus intense. (24)
Délaissé après la fin du tournage, le fort a subi les aléas de la météorologie. (32) (33) (34)
CHINGUETTI
La cité en plein cœur de l'Adrar, à mi-chemin entre Atar et Ouadane dispose d’un passé riche de présence religieuse, universitaire et commerciale.
Elle a son heure de gloire il y a plusieurs siècles. Alors passage de caravanes sur la route de Tombouctou et centre universitaire pour études coraniques, elle accueille marchands, savants et marabouts des quatre coins de Mauritanie. Ces derniers, renommés au-delà des frontières mauritaniennes, sont très courtisés par les étudiants musulmans. De plus, les pèlerins de la partie occidentale du Sahara s'y retrouvent avant le long voyage à La Mecque.
Son âge d'or révolu, la cité se laisse bercer par le temps, jusqu’au XXe siècle. Puis, sortie de sa torpeur par un demi-siècle d’occupation française, elle suit alors le cours des crises politiques et sécheresses mauritaniennes.
Au début des années 1980, les maisons de pierres commencent à subir sérieusement les aléas du sable, amenant même les nomades, désœuvrés, aux portes de la ville.
La population chute de 20 000 à 2500 âmes. Une partie d’entre elle va chercher refuge sur la côte, l’autre, fuyant devant l’avancée du désert, traverse simplement l’oued, jusque là où l'administration coloniale avait jadis installé ses bureaux. Plus aérée, ses rues larges laissent le cours libre au sable qui peut voleter à l'envi.
La version ancienne, où logent encore quelques irréductibles, est passée sous la tutelle de l'UNESCO en 1981, tout comme Ouadane, Oualata ou Tîchît. A l'exception de Oualata, les bienfaits de ce statut ne se sont pourtant toujours pas fait sentir dans ces cités mythiques.
Cimetière
Comme le veut la coutume musulmane, le défunt est transporté dans son linceul à ciel ouvert, jusqu'à sa dernière demeure, généralement dans les 24 heures suivant le décès. Avant la mise en terre, il est couché sur le côté en direction de l’est. (37)
Bibliothèque
Quelques bibliothèques ont survécu grâce à des initiatives familiales, où sont conservés plus de 3000 manuscrits dans des conditions précaires. Les méandres de l'administration de l'UNESCO retardent le sauvetage d'ouvrages de droit, religion, science ou littérature, dont les différentes teintes d'encre étaient obtenues à partir du charbon, de l'indigo ou de l'oxyde de fer (noir, bleu, rouge), puis couchés sur le papier à l'aide d'une plume. (38) (39) (4)
Mosquée
Du fait de sa gloire passée, la mosquée de Chinguetti reste un témoin capital de l'histoire mauritanienne. A l'instar de celles de Ouadane et Oujeft, et contrairement au croissant de lune habituel, le minaret aux cinq tourelles blanches de l'établissement religieux est surplombé par des œufs d'autruche, symbole de fertilité. (36)
ERG OUARANE
Au sortir de Chinguetti, s'il commence à arpenter le sable rose, le voyageur se retrouve en à peine quelques heures au beau milieu du désert. Les plateaux rencontrés parfois sont les aires idéales pour glaner bifaces ou pointes de flèche égarées là voici quelques milliers d'années. Egalement des coquillages remontés en surface, preuve que l'eau y a aussi été abondante.
T'kemkine et l'Aguela, respectivement à l'Est et au Sud de la ville, sont les oasis rejointes le plus rapidement, quelque deux à trois heures de marche. (50) (51) (52) (53) (55)
OUADANE
Fondée en 1147 sur les hauteurs afin de s'assurer une position forte en cas d'attaque, c’est un centre caravanier important du XIVe au XVIIIe siècle. Y transitent alors différentes marchandises du Nord et du Sud : tissus, poteries, bijoux, or, sel…
Les luttes tribales, puis l'arrivée des Européens et l'acheminement de la gomme, qui ouvre une voie royale au commerce maritime, annoncent le déclin de la cité.
De la splendeur de Ouadane subsistent la palmeraie - ici a commencé la culture du palmier-dattier dans la région - et les mosquées aux minarets en pierres sèches, sur la falaise. (2)
Dans les ruines du ksar, l'ancienne forteresse, errent quelques damans, animaux farouches, de la taille d'un raton-laveur, appartenant à la famille des éléphants, de par leurs cinq doigts.
Les derniers habitants, quelques centaines contre quelques milliers à la grande époque, des Harratines en majorité, cultivent les jardins situés aux pieds de la cité.
GUELB ER-RICHAT
De 40 kilomètres de diamètre, ce volcan non abouti étale ses auréoles concentriques sur un immense terrain pierreux. Il résulte d'une poussée des gaz et du magma qui a soulevé la croûte terrestre avant qu'elle ne s'écroule à nouveau.
DÉSERT ET QUOTIDIEN NOMADE
Pays de nomades jusqu'en 1960, la Mauritanie en compte beaucoup moins aujourd'hui. En 5000 ans, le désert a progressé de quelque 600 kilomètres. Le mode de vie, basé économiquement sur l'élevage, a régressé du fait des difficultés climatiques et de l'urbanisation. Une politique de lutte contre la sécheresse a encouragé les éleveurs à se fixer dans de petites localités, mettant la civilisation des nomades chameliers en voie de disparition.
Dans cette communauté, les déplacements s'effectuent avec khaïma, mobilier et autre matériel transportable, et l’on se fixe à un endroit pour plusieurs mois, suivant le rythme de l'eau et de la végétation. Les nouvelles sont distribuées par les voyageurs que l'on convie à un thé ou une calebasse désaltérante de srig. (49) (5)
Les nomades convertis à la vie citadine regagnent leur campement à l'occasion de la guetna, fête annuelle de la récolte des dattes, pendant laquelle ils retrouvent leurs traditions et la douceur des oasis, dont la fraîcheur contraste avec la chaleur de la ville.
Minéralité
Les textures et couleurs de sable saharien sont d'une variété saisissante. Fin, râpeux, épais, sa palette de nuances vire du blanc au noir en passant par toutes sortes d'ocre, saumon, rouge, brun, selon l'humeur de la lumière, et l'âge et le degré d'oxydation de la matière. Il n'existe pas moins de 125 noms pour le désigner en hassaniya. (40) (41) (42) (43) (44) (45)
Les formes des dunes se révèlent également dans leur variété. Monticules arrondis après la tombée de quelques averses, elles s'affaissent bien vite pour s'affiner sous l'effet du soleil torride. D'une hauteur imposante, les dunes chantantes ont ceci de particulier qu'elles sifflent lorsque l'on se laisse glisser sur leur versant.
L'eau
Les trajets dans le Sahara s'orientent en fonction de la verdure et de l'eau. En période de sécheresse, certains puits sont taris et la question de l'approvisionnement devient alors une inconnue. La parade ? Le téléphone arabe. Quand les cieux cléments ont versé leur obole, les chameliers expérimentés sont à même d'évaluer, à partir d'un plant de verdure, la période de profusion de celui-ci en considérant simplement la profondeur de la couche de sable humide. Puits
Le chargement de l'eau se fait à partir de récipients (souvent des chambres à air fixées au bout d'une corde) que l'on remonte d'une profondeur de 3 à 25 mètres. (6) (64)
Dromadaires
Apparu en Egypte vers le VIe siècle av. J-C, en provenance du Moyen-Orient, il a ensuite lentement progressé vers l'ouest sous les Romains, jusqu'à la zone saharienne, en Tunisie, pour remplacer le cheval, bien moins résistant au climat et aux charges lourdes. Puis il a accompagné l'expansion almoravide vers le sud.
Aujourd'hui, le cheptel mauritanien compte quelque 1 000 000 de têtes. (66) (69)
Son importance pour l'économie et la vie quotidienne des populations sahariennes est reconnue mais le vaisseau du désert représente également un facteur de danger pour l'écologie, du fait du surpâturage qui, ajouté aux feux de brousse, à l'abattage du bois et l'utilisation excessive des puits, a contribué à l'appauvrissement du désert. (72)
Soins
Même si les chameliers se montrent attentifs envers le patrimoine que représentent les dromadaires, le transport de l'eau n'est pas une mince tâche. Deux bidons de 60 kg en font déblatérer plus d'un. (70) (73) (74) (76) (77)
L'insensibilité du dromadaire à l’intérieur de la gueule lui permet de mastiquer les branches d'acacia sans même avoir à se soucier des épines, et il est prêté attention à ce que le camp soit dressé sur une aire comportant un minimum de verdure. Sinon, le djemel, même entravé, peut parcourir des kilomètres pour glaner quelque nourriture. Si l'endroit est seyant et riche en acacias, l'heure est à la détente et aux démonstrations de satisfaction. (67) (68) (71) (75)
Recherche
Lors du départ, il faut rassembler les porteurs. Le chamelier commis à cette tâche sait où commencer son investigation. Tout comme on retrouve des traces de pas dans le sable, l'on évalue l'heure du passage en considérant la fraîcheur des défections chamelières, règles bien sûr caduques en cas de vent de sable. (56) (57) (58) (61) (62)
Identification
Certains anciens indiquent la provenance d'un équipage en consultant le dessous du sabot d'un dromadaire, selon la teinte et la persistance du dépôt de sable ou la marque d'usure du sabot.
OASIS
Les oasis donnent un peu de fraîcheur aux voyageurs du désert, et offrent l'assurance de pourvoir au plein d'eau, l'eau descendue des montagnes ou canalisée, lors des fortes précipitations, dans les nappes phréatiques par les oueds, ces rivières intermittentes qui ont creusé une vallée voici des millions d'années.
C'est ainsi que l'on trouve dans ces zones fertiles quelques cultures telles que tomates, carottes, betteraves, haricots, oignons, millet, navets, menthe…aussi les dromadaires sont-ils tenus à l’écart des plantations. Un gain substantiel réside en la présence des palmiers-dattiers, entretenus grâce à un système de bassins qui les relie entre eux pour l’alimentation en eau. Leur fécondation s’effectue en agitant des rameaux mâles coupés au-dessus des graines femelles. Le vent s'occupe de la suite des opérations.
Les dattes, dont il existe une infinie variété, sont très prisées dans le pays, puisqu’elles sont régulièrement servies en dessert, et la guetna, période de leur récolte, est la grande fête non religieuse de l'année, qui attire de nombreux visiteurs au mois de juillet. De l'Adrar provient la moitié de toute la production de dattes mauritaniennes.
Lors de la guetna, les cases, inertes le reste de l'année, font le plein de vie. Les citadins viennent s'y ressourcer, et l'oasis s'anime de toutes ces âmes à l'humeur festive.
FAUNE
Exit les gazelles, autruches et guépards qui peuplaient jadis les lieux. La faune saharienne reste discrète. Les espèces les plus courantes se limitent aux scarabées, traquets à tête blanche (mula-mula) ou pies-grièches dont les vols se croisent régulièrement, corbeaux qui, patients, attendent le départ des groupes, espérant festoyer sur la place libérée, lézards, quelques fennecs dont on aperçoit généralement que les yeux dans la nuit noire, gerbilles qui tentent une approche stratégique auprès des sacs à provisions, quelques scorpions blancs et serpents de tous poils, des catégories menacées par l'instinct chasseur des cruels chameliers, et brebis et dromadaires, moins avares de leurs apparitions. (78) (8)
Egalement des chenilles multicolores surprennent à l'occasion le regard du visiteur peu empressé ; ou des vaches à la présence inattendue dans des endroits si peu verts ; et enfin, des ânes, pas si stupides, s'attardant près des puits. Des passages de chacals ou hyènes, on n'entend que quelques rumeurs susceptibles d'alimenter les nombreuses conversations nocturnes auprès du feu. (63) (79)
LE TRARZA
Son chef-lieu, Rosso, au bord du fleuve Sénégal et poste-frontière du pays du même nom, est fréquenté par les voyageurs qui se rendent en Afrique Noire ou en reviennent. Comme toute ville frontalière, elle grouille d'animation et de débrouillards en tous genres. Ces derniers facilitent le passage en douane, fournissent un carnet de vaccination aux nécessiteux, créent éventuellement de nouvelles formalités à qui n’a pas encore besoin de leurs services, bref assurent une polyvalence qui met la patience à rude épreuve.
A 120 kilomètres à l’Ouest de Rosso, le parc de Diawling abrite des phacochères que l’on ne cuisine que pour les quelques touristes faisant halte au camp de Keur Macène, des pythons, des varans d'eau et une foultitude d'oiseaux qui régalent les yeux des amateurs. On peut aussi croiser quotidiennement des échasses, vanneaux éperonnés, aigrettes, hérons, cormorans, pélicans, bergeronnettes, tourterelles, cochevis huppés, martin-pêcheurs pie, sternes…
Une société s'est pour l'instant approprié un certain monopole dans la région, promenant des touristes deci delà. L'écotourisme a la vie encore dure. Pourtant il pourrait s'étoffer si la petite équipe en charge de la conservation du parc parvenait à surmonter ses problèmes de conflits d'intérêts, non-remplacements d'employés malades…Point positif : l'eau y est traitée. Resterait à élargir l'opération à tous les villages environnants, ce qui devrait être un moindre problème dans cette région où a été construit le barrage de Diama, en coopération avec le Sénégal.
Il est fait, de temps à autre, état des besoins en vaccins et moustiquaires mais le peu de moyens financiers rend cependant cette assistance laborieuse.
Peuls, Maures blancs et noirs, et Wolofs vivent du jardin cultivé par les bras masculins de la famille, tandis que les femmes s’occupent du ménage et des enfants. (81) (82) (83) (85) (86)
Leurs conditions de vie sont très modestes, à l'instar des quelques pêcheurs œuvrant sur les plans d'eau à l'entour. Poissons et légumes sont ensuite acheminés vers les marchés de Rosso et de Nouakchott. (87) (100)
DONNÉES ET FÊTES PRINCIPALES
Population 2,4 millions d'habitants
Superficie 1 032 460 km2
Capitale Nouakchott (500 000 habitants)
Pays frontalier Maroc, Algérie, Sénégal et Mali
Point culminant Kediet el-Jill (Fdérik) à 917 m
Espérance de vie 51 ans
Religion islam
Vote au suffrage universel à partir de 18 ans
Monnaie l'ouguiya
CÉLÉBRATIONS
8 mars Fête de la femme
1er mai Fête du travail
25 mai Organisation de l'unité africaine
Juillet Guetna (fête des dattes)
28 novembre Fête nationale, jour de l'Indépendance
9e mois lunaire Ramadan.
Id al Séghïr fin du Ramadan
Aid el-Adha deux mois et 10 jours après la fin du Ramadan. Sacrifice d’un mouton en hommage à Abraham.
DIAPORAMA MAURITANIE
Vidéo envoyée par jcgrap
lundi 15 septembre 2008


















