Voyager avec JiCeGe sur son blog

27 années de voyage à travers le monde pour découvrir d'autres paysages et diverses façons de vivre, de culture et de coutumes pour apprendre la tolérance.

dimanche 22 juin 2008

TITRE_MALI



Pour une bonne claque ethnologique, c’est au Mali qu’il faut se rendre. Il faut plus de deux mains pour dénombrer les peuples qui s’y croisent. En découlent des us et coutumes qui font la joie des vrais curieux. Ajoutons des paysages et des constructions propres à cette région du globe. Et s’il est un pays d’Afrique noire où le régime démocratique, entrepris au début des années 1990 semble perdurer, c’est bien celui-là. A suivre…


PHOTOS_TETE

GÉNÉRALITÉS


Statut : république
Capitale : Bamako 1 240 000 km2
Population : 11 000 000 habitants
Densité : 8,86 habitants au kilomètre carré
Monnaie : Franc CFA
Langue officielle : français
Langues parlées : bambara, peul, sénoufo, soninké, songhaï, dogon
Religion officielle : aucune
État de l'Afrique sahélienne, limité à l'Ouest par le Sénégal, au Nord par la Mauritanie, au Nord-Est par l'Algérie, à l'Est par le Niger, au Sud-est par le Burkina Faso, au Sud par la
Côte-d'Ivoire et au Sud-Ouest par la Guinée. Berceau des grands États ouest-africains du Moyen Âge, le Mali est aussi l'un des pays les plus pauvres au monde.

 

CARTE_MALI_PATCHWORKGÉOGRAPHIE

En pleine zone saharienne, au Nord-Est, l'Adrar des Ifoghas, qui s'élève à 900 m, est un vieux massif cristallin appartenant au Hoggar.
Au Sud-Ouest, les plateaux du Kaarta et du Bambouk, et les monts du Kéniéba, prolongent la chaîne du Fouta-Djalon. Au centre-ouest, le bassin du Macina abrite le delta intérieur du fleuve Niger, Au Sud de celui-ci dominent les falaises de Bandiagara sur 200 km.
Entre le Sahel et la zone soudano-guinéenne, le Mali bénéficie des fleuves Niger et Sénégal, qui font des zones irriguées les seules régions hospitalières d'un pays quasi désertique.

Le fleuve Niger   
                     
Grand fleuve africain qui traverse le pays sur 1700 km, il favorise le développement de la pêche et l'agriculture ainsi que la navigation fluviale. Lors de la saison des pluies, son niveau remonte et certains villages sortent de leur isolement. Ensuite, peu avant la récolte du riz en décembre, il commence à redescendre à nouveau.  (34) (35) (38) (42)

Climat et végétation
Le Mali possède trois zones géographiques.
- la zone saharienne du Nord (plus de 50 % du territoire), où les pluies sont rares. Un mince tapis herbacé fournit une nourriture temporaire aux troupeaux nomades.
- la zone sahélienne, au centre, avec des pluies variables et une longue saison sèche; baobabs, palmiers, graminées piquantes permettent l'activité pastorale.
- la zone soudanienne, au Sud, aux pluies importantes (600 à 1300 mm) ; on y exploite savane et forêts claires pour le bois de construction et les plantes à vertu médicinale.
De mars à juin, c’est la saison sèche. L'eau étant basse, le poisson est plus facile à saisir.

Population
La zone Nord (Tombouctou, Gao) est la moins peuplée (1,5 h/km_). Les villes situées au bord du Niger, en revanche, abritent 22 % de la population (des jeunes de moins de 15 ans à 50 %).
Bamako compte 840 000 habitants. Les autres villes importantes sont Ségou (99 000 hab.), Mopti (78 000), Sikasso (73 000), Kayes (67 000) et Gao (55 000).
Nombreuses sont les ethnies : Bambaras à 36,5 % de la population totale, Peuls (13,9 %), Sénoufos (9 %), Soninkés (8,8 %), Dogons (8 %), Songhaïs (7,2 %), Malinkés (6,6 %), Dioulas (2,9 %), Bwabas (2,4 %), Touareg (1,7 %), Maures ou Berbères (1,2 %), avec pour langue officielle le français, même si le bambara est souvent la langue véhiculaire.


HISTOIRE


Zone de contact entre Afrique noire et Afrique du Nord, le Mali a vu très tôt émerger sur son territoire des états structurés, le royaume du Ghana, l'empire du Mali et l'empire songhaï, prospères, du fait de la douceur et l'humidité du climat, et la proximité de mines d'or. Mais le redéploiement du commerce mondial substitue l'Atlantique aux routes transsahariennes, amorçant le déclin du Sahel. 

Les grands empires
Créé vers le IVe siècle, le royaume du Ghana, premier État d'Afrique noire, va s'étendre du Tagant au Haut Niger et du Sénégal à Tombouctou. Or et esclaves s'échangent contre du sel.
Au XIe siècle, les Almoravides venus du Maroc l’envahissent et il décline, tombant sous la coupe du royaume sousou (dans la Guinée actuelle).
Profitant du déplacement du centre économique vers Tombouctou et Gao, le royaume du Mali se constitue au XIIIe siècle, devenant un haut lieu de rencontres entre lettrés musulmans. Des querelles de succession le fragilisant alors, il est conquis par le royaume songhaï, qui apporte une organisation élaborée. Ce dernier est à son tour défait en 1591 par l'armée marocaine.

Déclin et colonisation, du XVIIe au XIXe siècle
L'arrivée des Européens bouleverse les flux d'échanges commerciaux au profit de la côte atlantique, avec le commerce triangulaire (l'esclavage), une catastrophe pour la région.
Les explorations commencent. A la fin du XVIIIe siècle. L'Ecossais Mungo Park arrive jusqu'à Ségou, puis, au début du XIXe, l'Anglais Gordon Laing puis le Français René Caillié atteignent Tombouctou. Les Français se heurtent dès 1857 à une vive résistance, et ne colonisent le Mali qu'en 1895 sous le nom de Haut-Sénégal-Niger puis de Soudan. Cependant, ils mettent l'économie du pays, éloigné des côtes, peu en valeur.

Du Soudan français à la république du Mali
Après la Seconde Guerre mondiale, les revendications en faveur de l'indépendance s'intensifient, menant en 1960 à la création de la république du Mali.
L'accent est alors mis sur une gestion socialiste de l'économie, laissant le pays longtemps dépendant de l'Union soviétique. En 1968, le pouvoir est confisqué par un militaire, le lieutenant Moussa Traoré.

De Traoré à Konaré
Le régime se durcit. Dans les années 1980, les difficultés économiques du Mali s'accroissent. Hostile à l’ouverture démocratique, Moussa Traoré répond par les armes aux grèves. En 1991, la colère atteint son paroxysme, et il est renversé par des militaires dirigés par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, qui organise le retour au multipartisme et à la démocratie, avec l’élection démocratique, en 1992, du président Alpha Oumar Konaré, réélu en 1997.


RELIGION

Religion majoritaire (90 %), l'islam est conserveur. Seuls 20% des femmes travaillent en dehors du foyer, le chiffre le plus bas d'Afrique de l'Ouest. Les religions traditionnelles (9 %) ont leurs propres cérémonies, notamment en pays Dogon, où culte des ancêtres et animisme sont encore très vivants. Les chrétiens sont  présents à 1 %.


ÉCONOMIE

Le renversement du président Traoré a débouché sur le pluralisme politique et l’ouverture à l'économie de marché. Le pays, handicapé par la sécheresse, est pauvre mais la famine ne sévit pas et il a retrouvé une certaine croissance.

Agriculture
Elle emploie 82,4 % de la population, avec, pour principales cultures, mil, sorgho, riz, arachide et coton. Désormais, les paysans se regroupent pour vendre leur production.
Le Mali possède l'un des plus importants cheptels du Sahel (18 millions de têtes), et l'élevage fournit, après le coton, le principal des recettes à l'exportation.  (54) (60)

L'arbre de karité
Toute l'Afrique de l'Ouest a vécu à l'ombre du karité pendant des siècles (bébé accueilli dans une vigoureuse friction au beurre de karité, lit du roi défunt taillé dans le tronc de l'arbre de karité…). On le retrouve surtout (Sénégal, Guinée, Mali, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Ghana, Togo, Bénin, Nigeria...) en savane arboré, dans le climat sahélien avec une pluviométrie jusqu'à 1000 mm. Il atteint une hauteur de 10 à 15 m et vit jusqu'à deux siècles.

Les barrages, un espoir agricole
Il y en a trois : Manantali, construit dans les années 1980 (il intéresse le Mali, le Sénégal et la Mauritanie), Sélingué, et Markala sur le Niger qui, drainant le canal du Sahel, avait été conçu pour développer la culture du coton. Un quatrième, en projet, voudrait la mise en valeur d’une région à cheval sur le Mali, le Niger et le Burkina, la lutte contre la désertification et la réalisation de l'autosuffisance alimentaire.

32___Mopti__vente_du_selIndustrie                                        
Le territoire recèle des gisements de bauxite, fer et manganèse, aux conditions d'exploitation difficiles, du fait de la pénurie d'énergie et de l'enclavement des sites. Sel, phosphates, diamant, gypse et or donnent toutefois lieu à des exploitations.
Le secteur secondaire est dominé par l'industrie du coton et le textile, progressivement ouverte aux investisseurs privés.
Services
Le secteur tertiaire concerne peu d'emplois mais fournit la grande part des richesses. La libéralisation des échanges a profité à de nombreux commerçants, mais elles sont vulnérables aux variations du cours du coton.
Le Mali possède un réseau routier de 18 000 km, dont 2 000 seulement bitumés, et la desserte du nord du pays demeure aléatoire.
Le réseau ferroviaire, de 646 km, possède deux lignes de chemin de fer, reliant le Mali à la mer; de Bamako, l'une conduit à Dakar, l'autre à Abidjan.


ÉTAT ET INSTITUTIONS

La république du Mali s'est dotée de nouvelles institutions : le président de la République, élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois, nomme le gouvernement. Le pouvoir législatif est dévolu à l'Assemblée nationale, qui compte 135 membres élus pour cinq ans (20 sièges étant réservés aux émigrés et aux régions faiblement représentées). Le pouvoir judiciaire dépend d'une Cour constitutionnelle.


FAUNE


Le désert abrite une faune adaptée, gazelles, damans, addax, fennecs, chacals, autruches, traquets, couleuvres, vipères à cornes, varans...
Le parc national du Baoulé, les réserves du Finna, du Bandingo, et de Wattagouna abritent de gros herbivores (éléphants, buffles, antilopes, phacochères, girafes, addax, hippopotames…) et de grands fauves (lions, panthères, hyènes, guépards, léopards...).
Autour des fleuves Niger et Sénégal, riches en poisson on peut rencontrer des hippopotames et de nombreuses espèces d'oiseaux (cormorans, flamants, canards, hérons, martins-pêcheurs pie, aigrettes, pélicans, pigeons, échasses, vanneaux, corbeaux, milans…).
La réapparition de panthères dans l'Ouest du pays révèle un problème d'environnement dans la savane sahélienne, en l’occurrence le grignotage par l’Homme du territoire des animaux sauvages. En 1996 déjà, une incursion de lions a semé la panique vers Kangaba. On estime la surface arrachée chaque année à la savane à près de 500 hectares.


SOCIÉTÉ


Art et architecture

Dogons et Bambaras ont développé une sculpture sur bois de valeur artistique, produite loin des villes qui, importantes et islamisées, refusaient ce mode d'expression traditionnel.
Le Mali rassemble aussi de riches exemplaires de l'architecture soudanienne (briques crues séchées au soleil, appelées banco), avec des villes médiévales, telle Djenné, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.

Le bogolan

Il s’agit d’une technique de teinture traditionnelle d'Afrique de l'Ouest à l’origine fortuite. Une femme aurait tâché son pagne teint au n'galama avec de la boue du fleuve. En le nettoyant, elle s'aperçut que la boue avait teint le tissu du vêtement, les tâches étaient devenues indélébiles. La teinture s'obtient donc par réaction chimique de la boue sur le textile. Les nuances colorées sont obtenues à l’aide de minéraux et végétaux.
Ce travail artisanal, en général réservé aux femmes, est exécuté pour la communauté. Chaque signe détenait une signification symbolique qui disparaît aujourd’hui au profit de signes purement graphiques.

Littérature
Dès le XVIe siècle, l'université musulmane de Tombouctou devient un grand foyer de culture. La littérature orale, vivace, se transmet par les griots de père en fils. Amadou Hampâté Bâ s’est consacré aux traditions orales du continent. Dabo Sissoko à la tradition et l'engagement, Massa Makan Diabaté fait revivre l'épopée et observe la réalité contemporaine.

Musique
La musique malienne demeure liée aux griots (caste qui chante ou raconte des légendes du passé), pour lesquels les instruments servent de support au récit, avec la kora, une harpe à vingt et une cordes très répandue. Salif Keita en est un digne représentant, comme Mory Kanté, Guinéen venu au Mali suivre une école de griots.

Éducation

Le faible taux d'alphabétisation (32 % des 15 ans et plus, en majorité des hommes) reflète les manques en matière d'équipement et le poids des traditions réfractaires à l'école moderne.

Santé
C'est le domaine où le sous-équipement est sans doute le plus sensible, avec l’un des taux de mortalité infantile (134 ‰) les plus importants au monde, et une alimentation inquiétante.

71___Pays_dogon__masque_neniFÊTES ET FESTIVALS                              
La manifestation la plus fascinante du calendrier malien, en décembre, reste la traversée des troupeaux à Diarafabé, qui se rejoignent sur la rive gauche du fleuve, occasion de festivités organisées autour des bergers qui retrouvent les leurs après de longs mois dans le désert.
Lors de la fête des Masques qui dure cinq jours, en avril, les Dogons se livrent à des cérémonies plus que millénaires. La plus célèbre d'entre elles, le Sigui, n'a lieu qu'une fois tous les 60 ans, une périodicité sans doute liée au calendrier agraire des Dogons, qui serait fondé sur les cycles orbitaux d'une étoile naine invisible à l'oeil nu.  (72) (73) (9)

BAMAKO                                       
Ville cosmopolite de 700 000 âmes, qui ne commence à se peupler réellement que vers le milieu du XVIIe siècle. Il y 3 à 5000 ans, les premiers Bamakois étaient déjà sédentaires, mais la ville n'occupe aucune place dans l'histoire des grands empires de l'Ouest africain.

Une place forte coloniale
A l’arrivée de nouveaux immigrants, l'ensemble prend le nom de Bammakô et devient un carrefour commercial. Les conquérants français en comprendront l’importance, en faisant, en 1904, le quartier général des forces d'occupation du Sahel, rebaptisé Soudan français.

L'esprit des Bamakois
Un esprit villageois règne toujours à Bamako, et des établissements, les bars, dotés d'un patio et où l'on sert à boire et à manger, abritent de longues séances de discussion.  (1) (11)


SEGOU
Atouts agricoles, richesses piscicoles inépuisables grâce au Niger, attraits touristiques tant géographiques que culturels font de Ségou une étape pour tout voyageur.
A son approche, on note la présence de quelques manguiers " arbre sacré que l'on abat jamais parce qu'il a été planté par les ancêtres " et de balanzans , arbres feuillus à la saison sèche, mais nus durant l'hivernage. A 6 km de la ville, le Niger apparaît sur la gauche et des pirogues qui font office d'autobus entre les villages.
Cité proprette au bord du Niger, avec boulevards ombragés, enceintes de banco rouge, Ségou a adopté un cubisme fonctionnel avec jardins fleuris.
Dans les cours croît l'arbre à karité, dont proviendrait le nom original de la ville : SiKoro, c'est-à-dire au pied du karité. Certains affirment toutefois que Ségou vient de Cheikou, nom d'un grand marabout qui en serait le fondateur.
Elle aurait été fondée par des Bozos venus du nord au VIIe siècle, Soninkés fuyant l'empire du Ghana envahi par les Almoravides au XIe siècle ou la dynastie régnante des Bambaras au XVIIIe siècle. Sous cette dernière, dans une région saignée par la traite des nègres, Ségou apparaît invincible. Sa perte tiendra aux dissensions intérieures et aux troupes françaises en 1892.
Heureusement, la colonisation s'est accompagnée de l'introduction de la technologie, et s'il est une région du Mali à en avoir profité, c'est bien celle de Ségou. C'est là qu'est né l'Office du Niger, chargé de rétablir dans leurs lits les bras du fleuve.  (12) (13)

17___Djenn___mosqu_eDJENNÉ                                   
La ville jouit du statut de monument historique. Construite voilà douze siècles au milieu des eaux du Bani, qui se partage en deux branches, l’entourant comme pour la protéger, elle est donc accessible par un bac pendant l'hivernage ou et à gué à la saison sèche.  (16)

Le marché
Le lundi, Djenné retrouve sa splendeur d’antan sur la  place dominée par la mosquée, où s'échangent produits du Sud agricole et trésors du Nord désertique (mil, riz, coton et noix de kola des forêts du Sud, sel de Gao, Tombouctou et Mopti et poisson séché des lacs du Nord).
La foule y est bigarrée.  (2) (14)

La mosquée
Edifiée à la fin du XIIIe siècle, elle est détruite et rebâtie à plusieurs reprises. La légende veut qu'elle surpassât en beauté celle de La Mecque, faisant de Djenné le sanctuaire de l'islam ouest-africain avec lequel Tombouctou rivalisait difficilement aux XIVe et XVe siècles.
La ville fut respectée par les conquérants successifs qui n'ignoraient pas le parti que l'on pouvait tirer d'une ville sainte. Elle a résisté aux tentatives de soumission en opposant la puissance culturelle aux armes…sauf à l’arrivée des troupes coloniales françaises en 1893.
L'édifice actuel date de 1907, construit par les Bari, caste de maçons, et la cité s'est développée autour de la mosquée. Chacun des carrés abrite un village avec, au centre, une cour commune sur laquelle s'ouvrent les appartements familiaux. Le toit forme une vaste terrasse courant sur toute l'étendue du carré.  (19)

KAYES
Ancienne capitale du Haut Sénégal, Kayes, relais important entre le Soudan nigérien (vallée du Fleuve Niger) et le littoral atlantique sénégalais, est surtout riche d'histoire coloniale.

KANGABA
Dans la mémoire des griots se transmet le secret des origines du peuple mandenka. Est-il venu du ciel sur des pirogues d'or ? La case sacrée recèle-t-elle un fragment de la pierre sainte de la Kaaba (d'où le nom de Kangaba), haut lieu de l'islam ? De quels pouvoirs sont dotés les chasseurs de Kangaba, qui tuent leur gibier par le regard et les incantations ? Mysticisme et mythologie de l'Afrique de l'Ouest ont une patrie ici, berceau de l’empire du Mandé.

MOPTI
Ville gagnée sur les eaux, Mopti est situé au confluent du Niger et du Bani, une position qui a contribué à faire d'elle une métropole commerciale. Elle se veut la ville de la paix et du rassemblement des peuples (M'opte signifie en peul le regroupement). Centre d'échanges, elle a pris la relève de Djenné.  (26) (31)

Le port
On y parle toutes les langues. Chaque rive accueille un type de cargaison : au Nord, le sel de Tombouctou et le mil de Ségou ainsi que les voyageurs, et au Sud, le poisson séché. Le poisson prend parfois le chemin des pays voisins dans les camions des trafiquants, mais pour compenser cette fuite, une coopérative de pêcheurs s’est organisée, encadrée par l'Etat.
Le jeudi, la ville se transforme donc en une immense foire.  (27) (3)

Le marché
A chacun sa spécialité. Les femmes yorubas du Nigéria vendent des produits cosmétiques, et leurs maris travaillent en tant que photographes ; montres et lunettes sont la spécialité des Wolofs du Sénégal ; les articles de laine (avec les peaux et le riz, l'un des trois importants produits d'exportation de Mopti) sont aux mains des Peuls ; la céramique dans celle des femmes bozos et somonos, tout comme le poisson fumé ; les nattes, fabriquées par tous, sont vendues par les Songhaïs ; et les paniers en osier sont tressés par des Dogons nés nobles, car ils jouent un rôle important dans leur mythologie. Après l'échec du dieu Amma dans la première création du monde, Nommo crée un nouveau système sur le modèle d'un panier rempli de terre divine. L'ouverture ronde et la forme carrée du fond symboliseraient le soleil et le ciel avec ses 4 points cardinaux, une représentation cosmique, semblable à la forme de leurs greniers. Jusqu'à la colonisation, les Dogons ne vendaient pratiquement pas leurs corbeilles, le voyage les exposant à être capturés et mis en esclavage.  (28) (29) (30)

TOMBOUCTOU                                       
On y accéda d'abord à pied ou à dos de chameau. Depuis, les moyens de communication ont évolué même si les caravanes de chameaux affluent toujours de Mauritanie, d'Algérie ou du Niger. Les pistes sont impraticables à la saison des pluies mais alors les bateaux relient Tombouctou à presque toutes les villes du pays.  (50) (5)

Origines du nom
La plus connue est celle d'une vieille femme appelée Bouctou chargée de garder ici le puits des Touareg en dehors des périodes de transhumance (le puits de Bouctou).  (51)
Selon une autre hypothèse, il viendrait de la cuvette où la ville fut édifiée entre les dunes (Tombouctou signifiant cavité).
Dernière option, Tombouctou voudrait dire la petite dune, du fait des mamelons de sable qui l'entourent.

Naissance de la mosquée
Tombouctou apparaît au XIVe siècle, sous l'administration du Mandé avec la construction d'une prestigieuse mosquée au Sud-Ouest de la ville, dépouillée et couverte de terrasses en banco dont émerge la forme d'abord pyramidale puis conique d'un minaret. Elle est la seule des trois mosquées de la ville, où la visite est autorisée.
Au Nord, celle de Sankoré (bâtie par une riche veuve aux mêmes dimensions que la Kaaba de La Mecque) abritait la Medersa, université qui vaut au XVe siècle son rayonnement international à la cité, avec 25000 étudiants répartis entre l'université et 180 écoles coraniques.  (52) (53)

Ville hantée
De son ère de gloire, la cité ne conserve que le souvenir. Voici cinq siècles, Tombouctou organisait les échanges entre le désert, la savane et la forêt. Du Maghreb et du Sahara affluaient les chargements de sel, d'épices, de soie, de cuivre ou d'étain. Du sud des pirogues de noix de kola, d'or, d'ivoire et... d'esclaves, commerce mené par les Touareg et les Arabes.
Le port de Kabara, à 12 km plus à l'Est, connaît une population de dockers occasionnels et de nomades touareg campant dans des tentes-ballons. Deux fois par an, il retrouve son animation d'antan avec l'arrivée de l'Azalaï, caravane de deux cents chameaux apportant le sel des mines de Taoudenni.
Cependant, le mystère de Tombouctou subsiste. Selon une croyance populaire, le cavalier de pierre dénommé El Farouk, qui trône sur la place de l'Indépendance, descendrait toutes les nuits de son piédestal pour caracoler à travers la ville.

SIKASSO
Bâtie sur une hauteur, la ville dispose de fortifications datant du XVIIe siècle. Là se rencontrent les peuples des grands espaces et ceux des sylves mystérieuses. Ici s'imbriquent l'islam et l'animisme jusqu'à mêler harmonieusement rites en apparence inconciliables.

62___Pays_dogon__casesLE PAYS DOGON                               
Il s'agit de l'une des populations les plus anciennes de l'Afrique noire mais aussi l'une des plus riches en traditions, avec ses villages-perchoirs difficiles d'accès.

Coutumes
Les rites et interdits sont nombreux chez les Dogons. L'ethnologue français Marcel Griaule, à l'origine du premier barrage d'irrigation et de l'introduction de la culture des oignons dans la région, seule ressource d'échange, a étudié leurs moeurs. A sa mort, en 1956, les Dogons lui organisent des funérailles traditionnelles, après lesquelles -la coutume exigeant que soit brisée la houe du cultivateur pour signifier la fin de son labeur sur terre- ils brisent symboliquement son outil de travail, un crayon.
Chaque village se compose de cases d'habitation à la forme rectangulaire avec un toit-terrasse, et comprend des greniers à mil, carrés à la base et coiffés d'un chapeau de paille conique.
Dans chaque quartier, la grande maison de famille (guinna) est le domaine du patriarche, autorité incontestée. Dominant le village, la togouna (maison de la parole) est l'endroit où les hommes se réunissent pour discuter des affaires du village. Elle est constituée de huit piliers sur lesquels reposent huit couches de chaume ; le chiffre huit, selon la cosmogonie dogon, correspond au nombre des premiers ancêtres des Dogon. Son toit est anormalement bas,  parce que les hommes y réglant les problèmes, assis, si l'un d’eux s'emporte en se levant, il est rapidement calmé en se cognant le crâne au plafond.
A l'écart des maisons d'habitation se trouvent les cases rondes ou les femmes s'isolent pendant leurs menstruations.  (63) (67)

Les origines
Sur les parois, les Tellem, premiers habitants de la région, ont laissé de nombreuses constructions troglodytes, aujourd'hui cimetière des Dogons qui, à l'aide de cordes, y hissent les corps des défunts. Les Tellem ont disparu de la falaise au XVe siècle, supplantés par les Dogons.  (64) (65) (66)
L'origine des Dogons, elle aussi, est mystérieuse. Provenant du Mandé, ils quittent cette contrée entre le XIe et le XIIe siècle, refusant de se convertir à l'islam. Ils se scindent en plusieurs groupes établissant des villages sur le plateau ou dans la plaine.  (61) (68)

Cosmogonie
Pour les Dogons, l'univers a été créé par Amma, lequel façonna la Terre à partir d'un bloc d'argile et créa le Soleil et la Lune en fabriquant deux poteries blanches. Uni charnellement à la Terre, il engendra Nommo, à la fois mâle et femelle, aux principes complémentaires (vie/mort, jour/nuit, homme/femme, sécheresse/humidité), qui régissent les aspects de la vie des Dogons. Il est le procréateur de 8 enfants dont descendrait chacune des 8 tribus dogons.
Le masque remplit une fonction sociale. Les guerriers lancent leurs flèches vers le ciel ou brandissent leur fusil, prenant à partie les mauvais génies pour faciliter l'entrée du défunt dans l'univers des ancêtres. Le culte des morts est essentiel.
La plus grande cérémonie est le Sigui, destinée à régénérer le monde, tous les 60 ans (la dernière eut lieu en 1974). Sa périodicité est déterminée par les rotations supposées d'une étoile invisible autour de Sirius, l'astre le plus brillant de tout le firmament. Mais la cosmogonie dogon suppose aussi l'existence d'une troisième étoile tournant dans le même sens qu'elle et autour de laquelle graviterait la planète d'origine de Nommo, le grand ancêtre.

45___Niger__laveusesLES ETHNIES AU MALI                           
L'organisation de l'agriculture a entraîné des flux migratoires,; ainsi, certains groupes ont-ils été absorbés par d'autres. Les Bambaras, groupe le plus nombreux, occupent un nombre important des postes de fonctionnaires. Mais ce sont les Dogons et les Touareg qui conservent le mode de vie le plus traditionnel.

BAMBARAS
Etymologiquement, le nom vient de ban (refus) et mâna (maître), c'est-à-dire ceux qui ont refusé d'être dominés. Descendants de l'empire Songhaï, les Bambaras se rencontrent au Sénégal, au Burkina Faso, en Guinée, en Mauritanie, en Côte-d'Ivoire, et peuplent, au Mali, une aire géographique qui s'étend du centre Est à l'Ouest du pays (Ségou, Koulikoro, Bougouni, Sikasso…) où ils cultivent fonio, riz, maïs et mil. Le peuple bambara n'a jamais constitué une unité politique, mais se compose de clans aux mêmes ancêtres réels et mythiques.  (10)

BELLAS
Les Bellas, caste la moins noble, sont les anciens esclaves des Dogons.  (56)

BOZOS ET SOMONOS
D'origine noble et devenus émigrants lors de la décadence de l'empire du Ghana dont ils faisaient partie, ils sont pêcheurs, parce que, au bout de leur errance aux bords du Niger et du Bani, ils ont entrepris alors d'en exploiter les ressources pour subvenir à leurs besoins.
Le Bozo doit nourrir le Dogon, et en échange, le Dogon le protège.
Les Somonos, transporteurs sur le fleuve, tandis que leurs homologues construisent les pirogues, n'existent pas vraiment en tant qu'ethnie car il n'existe pas de coutumes somonos. Le groupe se compose d'un mélange de plusieurs races (bambara, soninké, bobo…) (47) (48)

DIAWARAS
Pratiquant la langue saracolé, ils ne sont pas pour autant un sous-groupe de la famille soninké. Réduits à quelques dizaines de milliers d'individus, ils se sont regroupés vers Nioro et Nara
Des siècles de combats et luttes intestines ont réduit leur territoire. Les Diawaras ont préservé leurs coutumes ancestrales. Seules leurs colonies qui ont migré au milieu de races différentes ont adopté les coutumes de ces dernières, sans pour autant perdre leur originalité ethnique.
Le peuple Diawara est donc une réalité incontestable, politiquement et historiquement, mais la race Diawara n'existe pas anthropologiquement ou linguistiquement parlant.

DOGONS                               
Ces cultivateurs vivant dans la région de Bandiagara (classée au patrimoine mondial de l'Unesco pour sa civilisation riche) ont probablement le mieux conservé leurs mœurs et croyances. Réputés pour leur art, en particulier leurs masques spectaculaires qui correspondent à des rites complexes, ils se divisent en Houmbébé, gens de la plaine de Gondo, à l'Est, et en Tombo, gens du plateau.  (64)
Ethnie noble, elle est un peu le juge de paix des autres groupes ethniques.

KHASSONKES
Le Khasso (pays des Khassonkés) se trouve enclavé dans ceux des peuples saracollé au Nord-Ouest, bambara au Nord-Est et malinké au Sud, qui n'ont pu les absorber, et ont emprunté certaines coutumes de leurs voisins, mais ont conservé également leurs propres mœurs.

MALINKES (ou Maninkas ou Mandenkas ou Soninkés)
Frontaliers de la Côte d'Ivoire et du Sénégal, ils vivent à l'Ouest du Mali entre Kayes et Bamako, et dans le pays Mandingue. Leur peuple est l'un de ceux dont l'histoire a dominé le passé du Mali. Ils paraissent unis aux Bambaras de par leur type physique, leur langue et surtout leurs mœurs et croyances. Ils sont spécialisés dans la culture du riz et du mil, le commerce et la teinture à l'indigo.

MAURES
Avant le rattachement en 1944 d’une grande partie du Hodh à la Mauritanie, le Mali comptait plusieurs tribus importantes de Maures parmi ses populations. Aujourd'hui, il en reste deux groupes importants, au-dessus et au-dessous de Tombouctou. Par ailleurs la partie sahélienne du Mali reste l'une des zones importantes de migration des Maures mauritaniens, des bouviers, habitués à vivre avec les autochtones noirs du Sud et qui tirent l'essentiel de leurs ressources de la cueillette de la gomme arabique et des transports par bœufs porteurs.

24___Djenn___femme_peulePEULS                                    
Evalués à environ 12 millions d’individus en Afrique de l'Ouest (Sénégal, Guinée, Niger, Nigéria, Mauritanie…jusqu’au Soudan), ils ont joué un rôle considérable dans l'histoire de l'Ouest africain. Divisés aujourd’hui en deux groupes distincts, ils sont sédentaires musulmans de type négroïde, ou nomades pasteurs (mais souvent sédentarisés) de type non négroïde, pratiquant des rites non islamiques malgré leur conversion à l’islam.
Le Peul au teint clair comme ses ancêtres ne se rencontre que rarement, la majorité étant métissée, du fait des descendants d’anciens esclaves qui se sont mêlés à leurs anciens maîtres dont ils ont adopté les coutumes, même s'ils leurs restent socialement inférieurs.
Ils habitent la ville de Mopti et la région du Delta intérieur du Niger, et parlent le poular.
L'ordre des castes y est important, avec les nobles (commerçants, propriétaires de bétail), les libres (potiers, tisseurs, travailleurs de cuir, bois et bijoux, griots), et les esclaves.  (50) (49) (5)

SARAKOLLES (ou Soninkés)
Grands voyageurs, ils constituaient une corporation de colporteurs qui, avec les Dioulas, sillonnaient l'Ouest africain, à la recherche du profit. Aujourd’hui, ils continuent leurs pérégrinations à travers le monde (représentant 80% des émigrés maliens en France) et reviennent parfois au pays raconter leurs péripéties au pied de l’arbre à palabres du village.
En outre, ardents musulmans, ils ont créé un peu partout des communautés islamiques, où le mot Soninké est devenu souvent synonyme de marabout.

SENOUFOS
Peuple d'agriculteurs occupant la région de Sikasso depuis le XVIe siècle, ils ont fait de cette région du sud, le grenier du Mali. Ils y cultivent le riz, le mil, l'igname, le manioc et le thé.

SONGHAÏS
Eleveurs et agriculteurs sédentaires qui ont occupé une place importante, du fait de leur situation géographique, dans la boucle du Niger (Tombouctou), à la frontière de l'Afrique blanche et de l'Afrique noire. Ils ont bénéficié à la fois des apports des pays méditerranéens, et de ceux des pays du Sud qui commerçaient à travers leur territoire.

TOUAREG
Les Touareg (Targui au singulier), hommes bleus du désert du fait de l'indigo de leur vêtement, réputés pour leur fierté, leurs qualités guerrières et leur artisanat, sont des pasteurs nomades berbères du le Sahara. Ils évitent l'aridité extrême en établissant leurs campements dans les massifs sahariens de l'Adrar des Ifoghas au Mali (Kidal), du Hoggar en Algérie, et de l'Est du Niger (Agadez) mais aussi en bordure du fleuve Niger, vers Gao et Tombouctou. Ailleurs, on les retrouve partout en Afrique de l´Ouest, en Côte d´Ivoire, au Burkina Faso ou au Bénin. Leur nom viendrait d´une ville lybienne nommée Targa.
Le sang noir prédomine chez eux, du fait des esclaves noirs avec lesquels ils sont en contact (qui, même libres, se font recenser avec leurs anciens maîtres dont ils ont adopté les mœurs), et des relations de commerce qu'ils ont eues de tout temps avec les peuples sédentaires. Ainsi, le métissage les condamne-t’il à l'absorption par les populations noires.
Sécheresse et politique gouvernementale (qui les réprime sévèrement lors des mouvements d’indépendance territoriale), les confrontent au problème de la sédentarisation. Ils se retrouvent cloîtrés dans des bidonvilles en périphérie de grandes villes, ou poussés à l'exil.

TOUCOULEURS
Leur nom provient sans doute de Tekrour (désignant jadis l'empire du Ghana, qui s'étendait sur les deux rives du Sénégal). Musulmans, ils se révoltèrent en 1776 contre la dynastie païenne. Venus tard au Mali (au XIXe siècle), leur domination sur les autochtones du pays ne dura qu’un demi-siècle, mais eut l’avantage de créer un empire homogène composé de Bambaras, Malinkés, Khassonkés, Peuls, Dogons...
Quoique étrangers eux-mêmes au pays qu'ils soumirent par les armes, ils furent cependant parmi les plus opposés à la pénétration française. Si après l'effondrement de l'Empire toucouleur, certaines familles regagnèrent les rives du fleuve Sénégal, un grand nombre resta sur place, créant de petits îlots indépendants parmi les populations naguère asservies.
Originaires d'une région située en bordure du fleuve Sénégal et de République de Guinée, leur fanatisme religieux, leur esprit aventureux et leur goût du luxe en ont fait les conquérants légendaires chantés par les griots.
Ils pratiquent aujourd’hui une économie combinant agriculture et élevage transhumant.

LES AUTRES GROUPES ETHNIQUES DU MALI
Le premier groupe comprend notamment les Wolofs et les Mossis qui se regroupent partout où ils sont assez nombreux pour former une petite colonie, souvent réfractaire mais non hostile aux traditions locales. Généralement ils adaptent leur existence à celle de leurs hôtes, sans s'intégrer pour ne pas être absorbés.
Les Mossis sont pour la plupart dans les zones aménagées du bassin du Niger tandis que les Wolofs, originaires du Sénégal, résident dans les villes importantes comme Kayes et Bamako.
Le second groupe se compose d’ethnies étrangères (Haoussas, Djermas, Mandingos, Youroubas...) en provenance de divers pays africains. Certains finissent par se fixer définitivement au sein des groupes où ils se trouvent et en adoptent alors les traditions.

LES JUIFS DU MALI
Dans la région de Tombouctou, leur présence est mentionnée avant et après l'islamisation.
Vers 1865, le rabbin Mardochée rencontre des juifs qui vivent parmi les Touareg au Nord du fleuve, de Tombouctou à l'Adrar, razziés par ces derniers.
D'autre part est resté dans la mémoire des villages du fleuve un nom mystérieux : les Banou Israël (Fils d'Israël). Leur trace s'était perdue en 1493-1494, et il semble que beaucoup aient sauvé leur vie en acceptant l'islamisation. Etrangement, ces gens ne semblent avoir oublié ni leur origine juive ni, pour certains, leur patronyme. Ainsi on rencontre des Al Kuhin (Cohen).
Cependant, coupés de tout lien avec les communautés, les juifs du Mali ont perdu la signification du mot juif, vidé de sa substance par cinq siècles d'islamisation forcée.

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DIAPORAMA MALI


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dimanche 1 juin 2008

TITRE_TUNISIE


Les pays du Maghreb sont certes tournés vers l’Occident depuis longtemps déjà, mais l’ouverture suit les fluctuations de la politique internationale. La Tunisie pourtant reste constante dans son approche, même si certaines régions, en particulier celles du Sud, restent fidèles à la tradition. Et le pays réserve quelques surprises, à l’instar de la Khroumirie, au Nord Ouest, qui offre des paysages surprenants, à l’antipode des clichés sur la Tunisie.

PHOTOS_TETE



CARTE_TUNISIE_PATCHWORK


GÉOGRAPHIE

Relief
Au Nord, le massif de l’Atlas, montagneux et arrosé, avec de la steppe. Les monts de Khroumirie laissent place progressivement à des plaines fertiles.
Les plateaux côtiers sont très fertiles.
Les salines et l’erg se trouvent dans le Sud, plat et aride, coupé en deux par la chaîne montagneuse du Dahar.
A l’Ouest dominent les palmeraies et le Chott el Jerid, à l’Est la côte et Djerba.

Climat
Nord de l’Atlas : le climat méditerranéen amène des étés chauds et des hivers doux.
Sahel et côte Est : mélange méditerranéen et continental.
Désert et salines : importante différence de température entre jour et nuit.
Température moyenne : 11,4° en décembre, 29,3° en juillet.
NB : les ports les plus importants sont Tunis, Sfax, Sousse et Bizerte.




HISTOIRE
                                    

Préhistoire et antiquité
On a trouvé des traces humaines de 40 000 ans av. J-C., mais la première civilisation découverte est celle de Gafsa, vers 7000 av. J-C. Viennent alors les ancêtres des Berbères.
9___Aqueduc_d_AdrienEn 814 av. J-C., la princesse phénicienne Didon crée Carthage, apportant sa culture sémitique tout en intégrant des références locales. C’est la naissance de la civilisation punique, dont la position commerciale s’étend de La Gaule à Babylone. Grâce à sa flotte, elle domine les marchés méditerranéens. Les grands chefs carthaginois sont Hamilcar, Hasdrubal, Hannibal.
A partir de 375 av. J-C., une lutte pour la suprématie en Méditerranée occidentale oppose les Carthaginois aux Romains et aux Grecs. Après que Rome a rompu un accord de paix, 3 guerres puniques viennent à bout de la cité en 146 av. J-C., lors du suicide d’Hannibal.
César la reconstruit, en faisant la capitale de la province africaine et la 3e ville romaine après Rome et Alexandrie. Florissante, elle sera définitivement détruite par les Vandales en 430, les Byzantins en 533 et les Arabes en 698, qui la délaissèrent au profit de Kairouan.

De Kairouan à la république
La fondation de la Grande Mosquée de Kairouan en 670 donne le départ de la conquête musulmane en Afrique du Nord et au Sud de l’Europe.
800-909 : dynastie aghlabide. Relevant de Bagdad, elle obtient son autonomie et atteint son âge d’or artistique. Kairouan devient un centre intellectuel actif.
909-1159 : les Fatimides et les Zirides installent un califat chiite. Mais le prince fatimide, voulant s’étendre, se rend au Caire, et les Zirides, ses vassaux, tentant d’obtenir leur autonomie, affaiblissent l’unité face aux chrétiens.
1159-1269 : les Almohades, rigoristes du Maroc, unifient le Maghreb et l’Espagne musulmane. Mais le règne est de courte durée, le pays étant sujet à troubles.
1230-1574 : les Hafsides en profitent pour asseoir leur pouvoir, avec Tunis pour capitale. L’arrivée des musulmans chassés par la reconquista espagnole, leur profite et la prospérité intellectuelle et artistique se prolonge jusqu’à la ruine par des crises dynastiques.
1574-1705 : la Tunisie devient ottomane après l’échec espagnol, jusqu’à l’apparition de nouvelles luttes internes pour le pouvoir.
1705-1881 : les Husseinides, dynastie turque, restaure la paix intérieure. Mais, affaiblie par une crise économique, la Tunisie va être occupée par la France, qui la considère comme une marche de l’Algérie (occupée elle depuis 1830) en 1881. Le bey reste le souverain, mais le résident général contrôle ses actes et décrets.
Occupé pendant la seconde guerre mondiale, le pays est libéré en 1943.

Indépendance
Habib Bourgiba met le feu aux poudres en 1956 et le 20 mars 1957 naît la République tunisienne, qu’il dirige jusqu’en 1987, la modernisant et renforçant son prestige extérieur, un règne cependant obscurci par un pouvoir trop personnalisé.
En 1987 arrive Ben Ali qui restaure la confiance entre Etat et citoyens, libérant des prisonniers politiques et supprimant la présidence à vie. Elu en 1989, 1994 et 1999, un changement de Constitution (qui ne prévoyait que 3 mandats au maximum) lui permet d’obtenir un 4e mandat en 2004.


ÉCONOMIE

Agriculture (40% de la population active)
50% du territoire est cultivé (olives et céréales en premier lieu) mais l’agriculture, dépendante du climat, couvre surtout les besoins internes. Dans les steppes, on trouve des troupeaux de bovins, ovins et dromadaires, dans le Nord le chêne-liège.

Industrie (30%)
Concernant les ressources du sol, on trouve quelques mines de phosphate vers Gafsa, un peu de pétrole et du gaz au Sahara et en mer.
La Tunisie exporte pétrole, huile d’olive, dattes, vin, céréales (un peu de blé et d’orge) avec, pour premiers clients, la France, l’Italie et l’Allemagne.

Services (30%)
Le tourisme est une source importante de devises du pays avec 3,8 millions de visiteurs par an, européens et maghrébins en grande partie, et minoritairement d’Orient.
Cependant, les investissements étrangers sont insuffisants et le chômage est important (15%).

59___Douz__danseLA FEMME                                    
Droits
Le principe de l’égalité entre homme et femme est garanti par la Constitution, la polygamie est abolie et le divorce institué. Age minimum du mariage pour les filles : 17 ans.
Nouvelle bataille, celle de l’héritage, car les filles n’ont droit qu’à la moitié de la part du frère.

Education
Le taux de fréquentation de l’école par les filles atteint 50% dans le secondaire, 49% dans l’enseignement supérieur.

Santé
Le planning familial existe, et la contraception à 65,6%, tout comme l’accouchement en milieu assisté à 85,2%. Et l’on compte au moins une consultation prénatale à 85,3%.
Espérance de vie féminine : 74,2% (70,6% pour les hommes).

Politique et emploi
On trouve des femmes aux postes de ministres, secrétaires d’état, au parlement, et dans les conseils municipaux, et elles représentent 25% de la population active (enseignants, commerces de la région de Tunis, mais aussi chefs d’entreprise, médecins, magistrats…)    (6)
ENVIRONNEMENT
Des organismes à buts divers (assainissement de l’environnement, promotion des technologies de l’environnement, promotion des énergies renouvelables…) tentent de préserver la nature en Tunisie et d’exporter cet engagement vers le tiers-monde.    (19)(2)
- la main bleue : protection du littoral contre la pollution et incitation au traitement des eaux.
- la main verte : préservation de la nature et promotion des espaces verts en zone urbaine.
- la main jaune : lutte contre la désertification, et pour la conservation des eaux et du sol, la fixation des dunes et le reboisement.
- commission méditerranéenne de développement durable : rôle consultatif à l’échelle méditerranéenne.
- aires protégées : zones naturelles érigées en parcs nationaux ( Ichkeul, Chaambi, Boukornine, Bou Hedma, Sidi Toui) ayant permis la réintroduction d’espèces disparues (addax, oryx, gazelle, autruche...).

POLITIQUE

Il existe 7 partis politiques. Le président est élu pour 5 ans au suffrage universel.  (18)
La chambre des députés (182 membres, élus au suffrage universel) dispose du pouvoir législatif (le pouvoir judiciaire est indépendant). Les élections législatives et municipales ont lieu tous les 5 ans. Le pays est découpé en 25 wilayats placés sous l’autorité d’un gouverneur.

LES JUIFS DE TUNISIE
Après la destruction du premier temple par Nabuchodonosor, en 586 av. J-C., ils se réfugient à Djerba, où d’autres familles ont suivi les Phéniciens, fondant Carthage avec eux et créant leur première diaspora.
Après la destruction du second temple, d’autres juifs les rejoignent, voyant défiler les conquérants, Phéniciens, Romains, Vandales et Byzantins, qui imposent la conversion au christianisme. Kahéna, impératrice juive, fait face à l’invasion arabe en 693, mais meurt au combat et les Berbères doivent se convertir à l’Islam.(7)
D’autres juifs suivent les troupes arabes venues de Perse, contribuant à la construction de Kairouan. Mal considérés, ils sont pourtant protégés par les gouvernants musulmans. Mais au XIe siècle, Kairouan, décrétée ville sainte de l’Islam, leur est interdite d’accès.
Après la reconquista espagnole (1492), les juifs d’Espagne se dispersent dans le bassin méditerranéen, en Toscane où on les invite en raison de leur sens du commerce, et à
Tunis, où des familles s’installent au XVIIIe siècle, se considérant alors comme l’élite, divisant les juifs de Tunisie pendant deux siècles.
Pendant la deuxième guerre mondiale, seuls les juifs de Sfax portent l’étoile, les ordres de Vichy n’étant pas exécutés à la lettre
L’exil de l’après-guerre se divise en 4 périodes : 1948, vers l’état d’Israël nouvellement créé ;
1956, vers la France, suite à l’Indépendance ; 1960, après les événements de Bizerte ; 1967, après la guerre des Six Jours.
Aujourd’hui, la communauté compte quelque 3000 individus, et chaque année, fin mai, le pèlerinage de Djerba rassemble des milliers de juifs venus de France, Israël, Canada (…) à la synagogue de La Ghriba, l’une des plus vieilles du monde (586 av. J-C.).

POPULATION

Le pays compte quelque 10 millions d’habitants, concentrés sur le littoral et les villes (2 millions dans le Grand Tunis) alors que l’intérieur et le Sud sont très peu peuplés.
Le taux de croissance, l’un des plus faibles du continent africain, est de 1,15%. La moitié de la population est âgée de moins de 22 ans.
Quelques villages abritent encore des descendants d’anciennes tribus berbères, en Khroumirie et dans les oasis du Sud où les maisons troglodytes de Matmata.

50___Gela_nÉDUCATION            

La Tunisie est le premier pays arabe à promulguer un code de protection de l’enfant.
Des écoles sont construites dans les zones reculées, avec 5 ans de primaire, 4 de collège (obligatoires à partir de 6 ans), et 3  jusqu’au  baccalauréat.
Certaines familles, fières, font publier la réussite de leurs enfants dans les journaux.
La Tunisie a développé l’enseignement supérieur, avec 6 universités (4 à Tunis, 2 à Sousse et Sfax) et une institution de niveau pour les cadres hautement qualifiés. De plus, les instituts d’enseignement supérieur divers se multiplient de parts et d’autres du pays.
L’école y est obligatoire de 6 à 16 ans depuis 1991. 92% des jeunes Tunisiens sont inscrits dans le cycle primaire, et 17% encore dans le supérieur.

ACTION SOCIALE
La pauvreté a baissé (33% de la population en 1967 contre 6% en 2000), grâce en partie à la garantie d’un salaire minimum, et à la création d’institutions en faveur des classes défavorisées (programmes d’aide aux familles nécessiteuses, de lutte contre l’analphabétisme,
d’aide aux handicapés, d’aide aux personnes âgées, d’habitat social…)
Egalement, des mesures destinées à garantir la sécurité de l’emploi, tels que la promotion du dialogue social ou le développement de la législation du travail et la ratification des conventions internationales.
En matière de santé publique, établissement de l’accessibilité aux soins et leur gratuité pour les familles nécessiteuses.

CHIFFRES ET DONNÉES
Superficie : 162 150 km2
Point culminant : Chaambi à 1544 m
Population : 10 millions
Villes : Tunis (1,8 M), Sfax (0,7 M), Sousse (0,2 M), Kairouan (0,1 M)
Langue officielle : arabe (autres : français, italien)
Chômage : 15%
Espérance de vie : 72,4 ans
Religion :  Islam à 98% (majorité sunnite)
Régions : 25 wilayats
Président  : chef de l’état et du gouvernement, élu pour un mandat de 5 ans
Assemblée nationale : élue au suffrage universel pour 5 ans
Jours de fête : 01 janvier : Nouvel An
                          20 mars (1956) : Indépendance
                          01 mai : du travail
                          07 novembre (1987) : changement de gouvernement
Fêtes religieuses : Mouled : naissance du Prophète
                          Ramadan
                          Aïd-el-Séghir : fin du Ramadan   
                          Aïd-el-Kébir : sacrifice d’Abraham, 50 jours après le Ramadan
                          Ras-el-Am-el-Heijri (l’Hégire), Nouvel an musulman

TOURISME

SIDI BOU SAID
Construite au IXe siècle par les Arabes qui y avaient déjà bâti un monastère, la ville domine le Golfe de Tunis. En 1207, un ermite marocain soufiste, Abou Saïd Khalafa, s’y retire et en devient le saint patron. Aujourd’hui, son marabout est un lieu de pèlerinage prisé.  (14) (13) (12)
Sous les Husseinides, au XVIIIe siècle, le village se développe, devenant un point de rencontre international pour les artistes (Chateaubriand, Flaubert, Colette, Gide...).  (1) (15)
En 1914, Paul Klee et August Macke s’y installent, et en 1915, le Baron Rudolph d’Erlanger, banquier et ami des arts s’y fait bâtir un palais (devenu centre de musiques méditerranéennes), fait protéger le site, imposant la couleur bleue aux portes et fenêtres du village.  (10) (100) (11)

CARTHAGE
Didon, princesse de Phénicie (Liban), en fuite après la mort de son oncle-mari, fonde la ville sur la colline de Byrsa, où une forteresse abrite 300 éléphants et 4000 chevaux. Aujourd’hui s’y trouve le musée retraçant les différentes époques de la cité, et la cathédrale Saint-Louis, construite en 1890 par les Pères Blancs qui ont beaucoup contribué aux fouilles, après que les Français ont redécouvert la ville en 1857. La nouvelle ville est créée en 1945.  (17)

Les guerres puniques
Elles mettent fin à la grandeur de Carthage, symbole de la puissance phénicienne, en trois périodes : 264-241, premier heurt avec Rome; 219-202, franchissement des Alpes par les éléphants d’Hannibal (247-183) qui, après maintes victoires, sa tête mise à prix, se suicide à Izmir, pour n’être capturé; 149-146 : guerre totale livrée par Scipion, avec 50.000 survivants sur 700 000, qui sont déportés en esclavage.

Thermes d’Antonin (IIe siècle ap. J-C.)
C’est le site le mieux conservé, avec ses colonnes de grès tunisien et de marbre italien.
L’eau, qui chauffait les thermes par le sol au charbon de bois, arrivait par l’aqueduc de Zaghouan, à 52 km de là. Les eaux usagées s’écoulaient vers le lac de Tunis à 11 km.  (16)

22___Tabarka__jet_eTABARKA                                   
Comptoir phénicien dont le port est développé par les Romains qui y stockent liège, bois, marbre, céréales et huile d’olive de l’arrière-pays, Tabarka devient, sous les chrétiens, un important évêché de l’Afrique avant de perdre de son importance sous les Arabes.
Au XVIe siècle, Charles Quint s’en empare et la confie à une famille génoise qui en exploite le commerce et le corail, relayée en 1881 par les Français qui en obtiennent le privilège.
En 1942, Tabarka devient une base de défense verrouillant l’accès à l’Algérie.
Aujourd’hui, disposant d’un golf, elle est en plein développement touristique.
- le pic des Aiguilles : rochers monolithiques érodés par la mer.    (20)
- le Fort : construit par la famille génoise régnant sur le commerce de Tabarka au XVIe siècle sur cette île reçue en échange du pirate Dragut, lieutenant de Barberousse.  (21)

AIN DRAHAM (Source d’argent)
La Khroumirie (800 m d’altitude), région où, au début du XXe siècle, galopaient encore lions et panthères, est riche en chênes-lièges (8% du total mondial).  (23) (24)
Les Berbères Khroumir appartiennent à un vieux clan Imazighen (hommes libres).  (25)
En hiver, des battues aux sangliers attirent des chasseurs de toute l’Europe.
Dans cette montagne dont la majeure partie est du grès, on trouve, outre chênes-lièges, fraisiers, mastic, lauriers roses, eucalyptus, oliviers et de la lavande.
Le barrage Beni Mtir, construit en 1955, alimente Tunis en eau potable.

BULLA REGIA
Fondée par les Phéniciens en 150 av. J-C., la ville est occupée par les Romains en 50 apr. J-C.
En 117, sous l’empereur Adrien, c’est l’une des villes les plus riches d’Afrique du Nord.  (26)
Elle décline à partir des attaques arabes du VIIe siècle jusqu’à être abandonnée au XIIe siècle.
La région étant torride l’été, les Romains imaginent de vivre sous terre. A l’étage souterrain se trouvent un patio et différentes pièces pavées de mosaïques. De l’eau fraîche coule dans toutes les pièces grâce à un système de tuyaux. En hiver, on passe alors à l’étage supérieur.  (27) (29)
EL KEF (le Rocher)
Bâtie à flanc de montagne par les Carthaginois, la ville, prospère sous les Romains au IIe et IIIe siècle sous le nom de Sicca Veneria (déesse romaine), est ruinée par les invasions arabes.
Reconstruite au XVIe siècle, disputée aux XVIIe et XVIIIe siècles entre la Tunisie et l’Algérie, c’est aujourd’hui un centre administratif du Nord de la Tunisie.
Dans les hauteurs, la synagogue, la mosquée Sidi Makhlouf du XVIe siècle, la casbah turque avec vue sur la ville reposent du trépidant centre-ville.  (3) (30) (31)

SBEITLA
L’ancienne ville romaine de Sufetula, prospère grâce aux oliviers, devient chrétienne au IIIe siècle, carrefour routier important sous les Byzantins, puis musulmane en 698.
Le site est fameux pour ses 3 temples dédiés à Jupiter, Junon et Minerve, les thermes, le théâtre et l’arc de Diodétien (aqueduc de 50 m de long du IIIe siècle).  (32) (33) (34) (35)
Dans la région sont effectués des essais de plantations d’oliviers et d’arbres fruitiers.

METLAOUI
Elle abrite la compagnie des phosphates, avec cette atmosphère étrange de cité minière. Il y existe un quartier européen, séparé des travailleurs tunisiens, libyens, algériens, marocains.
L’extraction du phosphate, découvert en 1886 par un militaire français, débute en 1896 et est reprise par la Tunisie plus tard.  (36)
Actuellement la plus grande industrie du pays avec 15 000 employés, elle dispose de ses propres hôpitaux, écoles, puits...L’eau est alors recyclée et la boucle est bouclée.
Le Lézard rouge est un train fameux offert par la France au bey tunisien en 1910 pour sa famille qui en profite jusqu’en 1945. Utilisé alors pour le tourisme dans le canyon de Seldja (sur 20 km) de 1984 à 1994, il est restauré et reprend son activité en 1997.  (37)
GAFSA
Sa première origine remonte à la civilisation capsienne au VIIIe siècle av. J-C. Fondée par les Romains au IIe siècle av. J-C., la cité voit ensuite passer les Byzantins puis les Arabes qui se heurtent à la résistance berbère. Au XIIe siècle, on y parle d’ailleurs encore latin.
Gafsa vit aujourd’hui du phosphate, qui y est transformé en fluor et engrais.

39___Tozeur__fa_adeTOZEUR                                
Capitale du pays des palmiers, elle est créée sous les Romains et traverse les différentes phases de l’histoire tunisienne, étant cependant à partir de l’arrivée de l’islam jusqu’à la fin du Moyen-âge le siège de principautés indépendantes. Les Berbères christianisés résistent longtemps aux Arabes.
De même sous les Français, les habitants de Tozeur, attachés à leurs écoles coraniques, rejettent la politique de scolarisation française.
Tozeur fut l’un des quartiers généraux de Rommel en 1942-43.

La palmeraie
400 000 palmiers sont irrigués par les seguias, système de répartition des eaux en 3 étages (palmiers, arbres fruitiers, vigne) créé par les Romains. Il existe ici plus de 200 variétés de dattes, résultat du jeu entre ombre et soleil, terre et eau.  (40)
Le palmier est une providence, de par ses multiples utilisations : le tronc pour la construction de maisons ; les fibres pour le rembourrage de selles ; les feuilles pour nattes et corbeilles ; le jus (lagmi) pour boire ; la datte pour l’Homme ; le noyau pour les dromadaires.
NB : la datte, fruit sacré, est créée par Dieu lorsqu’il lui reste un petit morceau de glaise après qu’il a fabriqué l’Homme.

Les briques en relief
Le procédé est le même depuis des siècles : l’argile,  mêlée à la terre et à la cendre du palmier, fermente une nuit puis est moulée, séchée et cuite au four alimenté au bois de palmier.  (38) (4)

NEFTA
C’était l’une des plus belles oasis mais il a fallu procéder à des forages au Nord, les sources s’étant taries. Elle dispose de 350 000 palmiers dont 70 000 Deglet-en-Nour (Doigts de lumière), les meilleures dattes du Sahara.   (42)
Nefta bénéficie d’une longue tradition religieuse et spirituelle. Avec 20 mosquées et 127 marabouts, c’est le second centre religieux après Kairouan, et la patrie du plus ancien des marabouts, Sidi Bou Ali, soufiste.

LES 3 OASIS DE MONTAGNE
Situés en région montagneuse, à la frontière algérienne, ils protégeaient les Romains des attaques des nomades. Les palmiers poussent entre les rochers. Ils sont délaissés après inondation à la fin des années 1960. Le nouveau Tamerza compte aujourd’hui 1500 habitants.
Comme à Tozeur, les cultures y sont étalées sur trois étages. Dans l’ombre des palmiers poussent les fruits (abricots, pommes, bananes, citrons, olives) dont les arbres procurent à leur tour de l’ombre aux céréales, légumes et tabac.  (46) (48) (5)
La route qui les relie, construite pendant la seconde guerre mondiale par les troupes allemandes de Rommel, a été aujourd’hui refaite par les militaires tunisiens.
La montagne (calcaire, dolomites, plâtre, calcites) est apparue en liaison avec l’Atlas et les Alpes lors de la cassure saharienne. Ici ont d’ailleurs été tournées de nombreuses scènes de cinéma (films bibliques, Le patient anglais…).  (47) (49)
A Chebika  ne vivent encore que quelques familles qui attendent la récolte des dattes pendant dix mois. Les sources d’eau se trouvent sur les hauteurs.  (43) (44)

CHOTT-EL-DJERID (Pays des palmes)
Dépression salée (110x70km) faisant partie du Chott-Graben (avec le Chott-el-Rharsa et Chott-el-Fedjedj) apparu il y a 1,5 millions d’années par les poussées tectoniques, elle est composée de plaques de sel blanches teintées de bleu et brillantes.  (51) (52)
En période pluvieuse, l’eau apparaît et recouvre cette étendue, lui donnant alors l’apparence d’une véritable mer, avec, à  certains endroits, des puits d’eau saumâtre, moins salée, auprès desquels se reproduisent des flamants roses.
Le sel est exporté vers les pays européens pour le déglaçage des routes d’hiver. La route actuelle est récente (années 1970), le bus au loin ayant été coincé dans les salines juste avant.

CHAMEAUDOUZ                                    
Ville née d’une source abondante, elle vit  grâce à des puits autour desquels se groupent les semi-nomades M’razigues. C’est un point de rencontre entre nomades et oasiens. La question de l’eau n’est soulevée ici que depuis l’arrivée du tourisme, Douz ayant été la première ville à organiser des méharées.  (62) (63) (64) (65) (66) (67) (68)
Un plan d’aménagement touristique devrait encore la transformer.

Souk
Très sonore et bigarré. Les tractations de bétail (dromadaires, chèvres, moutons, ânes...) s’y font entre négociateurs, qui testent les animaux. On trouve également du thé rouge et des marchands de plantes médicinales, des épices, des pierres à senteurs, souvenirs, chaussures.
Également, les fripes où atterrissent parfois des dons de la Croix-Rouge.  (54) (55) (56) (57) (58)

TAMEZRET
Village berbère jamais conquis par les Arabes, où habitent surtout femmes et enfants. Il vit d’un peu d’agriculture, les hommes travaillant dans les grandes villes. À l’origine, il était divisé en 4 clans aux bijoux et habits spécifiques, les mariages inter-clans étant prohibés.  (69)

MATMATA
Les maisons troglodytes, excellents régulateurs thermiques, sont creusées dans les formations argilo-sableuses des collines. On y trouve des pièces habitables et des greniers et de stockage, les habitants, Berbères de la tribu des Matmata, vivant d’agriculture (olives, dattes, céréales...). Pour agrandir la maison, on creuse une pièce de plus dans la roche tendre. Le nouveau Matmata date des années 1960. (70) (71) (72)
Dans les collines à l’entour, les étroites vallées encaissées sont dues aux petits barrages creusés par les habitants pour retenir les eaux de pluie afin d’irriguer les cultures.
Ici a été tournée, en partie, «La guerre des étoiles» en 1976.

MEDENINE
Chef-lieu du Sud de la Tunisie, où l’on trouve, comme dans la région de Tataouine, des ksour et des ensembles de greniers à provisions de forme demi-cylindrique, les ghorfas. (79)
Situés dans des positions défensives, entourés d'une enceinte  fortifiée, ils étaient collectifs et utilisés par les nomades pour stocker les récoltes pendant leurs déplacements.

77___DouiretDOUIRET                                   
Dans le Sud tunisien, de nombreux villages situés sur des promontoires rocheux sont abandonnés, comme Douiret, délaissé pour Douiret-Nouvelle, à quelques kilomètres de là.
Il arrive qu’en s’y promenant on rencontre des damans, animaux végétariens ressemblant à des cochons d’Inde mais appartenant à la famille des éléphants.  (75)  (76) (78)
La légende veut que les tombes près de la mosquée des Sept Géants, sur le chemin de Chenini, soient celles de moines chrétiens qui, ayant cherché refuge dans une grotte, se sont endormis et réveillés des siècles plus tard, alors transformés en géants. Par reconnaissance, ils se sont convertis à l’islam et sont aujourd’hui enterrés ici.  (73) (74)

GABES 
Comptoir phénicien, colonie romaine, puis point de jonction entre les caravanes du désert et les voies du littoral, elle joue un rôle important lors de l’arrivée des Arabes. Sidi Boulbaba, le vrai barbier de Mahomet, y est enterré.
Sous les Français, elle est la garnison la plus importante.
En 1962, des crues exceptionnelles la dévastent mais la découverte de pétrole off-shore lui redonne un essor. Aujourd’hui, elle vit donc de la pétrochimie, de la pêche et de l’henné.  (8)
La grande mosquée date de 1952.

SFAX
Deuxième ville de Tunisie, c’est une ville portuaire et industrielle au centre de laquelle se détache la médina entourée de ses remparts. Elle joue un rôle économique de premier plan avec l'agriculture, sa principale ressource (6 millions de pieds d'oliviers, 5 millions d'amandiers, élevage - ovins, caprins et bovins-, industrie laitière). Egalement la pêche qui occupe  une place de choix avec une flotte importante (25 000 tonnes de poissons par an).

80___El_DjemEL DJEM                                
Située en plein Sahel, elle est célèbre pour son amphithéâtre romain qui pouvait accueillir 30000 spectateurs. C’est sous César qu’elle reçoit le statut de colonie romaine.
Grâce à sa productivité agricole, la cité jouit d'une relative prospérité, apparaissant dès le IIe siècle comme un nœud routier important, au centre d'une région oléicole.
Au début de l'an 238, un différend survenu à la suite d'exaction fiscale fait éclater une révolte éclate et le procurateur de l'empereur, Maximin, est assassiné par le peuple qui proclame empereur le vieux proconsul d'Afrique, Gordien. Celui-ci accompagné de son fils, Gordien II, associé au pouvoir, se rend à Carthage et est reconnu par le Sénat romain.

Amphithéâtre
Vraisemblablement construit en 238 sous Gordien pour abriter  les jeux du cirque, il est encore remarquablement bien conservé, malgré une destruction partielle due à l'utilisation de ses pierres pour la construction de la ville d'El Djem. Il est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 1979.  (81)

SOUSSE
Ville portuaire sur le golfe d'Hammamet, dont les vestiges archéologiques remontent au VIe siècle av. J.-C., lorsqu’elle est sous l’autorité de Carthage. Hannibal est d’ailleurs à l'origine des plantations d'oliviers de la région. La cité se libère de la tutelle carthaginoise en établissant des relations directes avec Rome dont elle prend le parti durant la Troisième Guerre punique, devenant, après la destruction de Carthage, une cité romaine privilégiée. Elle perd pourtant nombres de privilèges en 46 av. J.-C. lorsqu'elle choisit le parti des Pompéiens contre le victorieux César.
A la fin du Ier siècle, elle retrouve son prestige sous Trajan, puis surtout au IIIe siècle, avec l’essor du commerce d'huile d'olive, mais reperd de sa constance en 238, lorsqu’elle soutient la partie adverse contre le nouvel empereur Gordien II.
Détruite par les Vandales en 439, son port est remis en état à l'arrivée des troupes byzantines, et en 670, début de la période arabo-musulmane, elle prend le nom de Sousse. Elle devient alors la seconde ville de l'Ifriquiya (l'actuelle Tunisie) lorsqu’elle est dotée d'un chantier de constructions navales d'où partent les navires à la conquête de la Sardaigne, de la Sicile ou de Rome au IXe siècle.
Au XIIe siècle, Sousse subit l'occupation des Normands, puis perd de sa grandeur, lors de la promotion de Tunis comme capitale et l'appauvrissement de l'arrière-pays dont elle constitue le débouché maritime.
Elle retrouve son importance pendant l'époque ottomane grâce à son port, puis sous protectorat français qui en construisent un nouveau en 1884, lui redonnant son rôle de débouché maritime des produits de la steppe.

Lieux d’histoire
La Grande mosquée et le ribat, forteresse construite par les Aghlabides au IXe siècle, se trouvent dans la médina, classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Par exception, la mosquée n'est pas au centre car, comme le ribat, elle protégeait le bassin de l'arsenal.  (82) (83)
Dans la kasbah, le musée archéologique possède la deuxième collection de mosaïques après celle du musée national du Bardo.
Son économie repose aujourd’hui sur l'activité industrielle, avec fabrication de matériel de transport, textiles et produits agro-alimentaires, et sur le tourisme, grâce à sa position centrale par rapport à des  sites comme Monastir, Hammamet, El Djem, Kairouan(...).

KAIROUAN
Son nom viendrait de Kaïrawane (campement). Créée en 670, c’est la ville par où l’islam prend pied en Afrique du Nord. Alors capitale, elle prospère sous les Aghlabides au IXe siècle mais est victime, au Xe siècle, de la guerre civile déclenchée par les Zirides. Sans retrouver sa splendeur d’antan, Kairouan jouit d’une certaine aisance sous les Hafsides au XIVe siècle et les Husseinides au XVIIIe siècle, jouant un rôle dans la consolidation de la loi musulmane, la conception architecturale et la vie intellectuelle en Ifriqiya.
NB : le rempart de la ville (3 km de long), a été reconstruit 7 fois entre 1052 et 1772, en raison des multiples destructions.

Bassins des Aghlabides
Restaurés en 1969, ils datent de 860, construits pour capter les eaux des monts et oueds à l’entour, Kairouan étant pauvre en eau, acheminées par un aqueduc de 35 km de long.  (84)
Mosquée du Barbier (Zaouïa de Sidi Sahib)
Mausolée du compagnon du Prophète, enterré là avant la fondation de la ville. Construit entre le XVIe et le XVIIIe siècle, l’ensemble comprend un minaret, une medersa et le mausolée.
Sidi Sahib portait toujours 3 poils de la barbe du Prophète sur lui, d’où son nom.  (85) (86)La Grande Mosquée
Construite en 670, elle était au coeur de cette ville circulaire. Elle dispose de 6 portes monumentales. Les puits permettent de prendre l’eau nécessaire aux ablutions, la cour étant en plan légèrement incliné. Le cadran solaire règle le mouvement des 5 prières quotidiennes.
Dans la salle de prière, le minbar en bois de teck est le plus ancien du monde musulman. Les colonnes, ramenées de plusieurs endroits du pays, sont au nombre de 400.  (87) (88) (89)

90___Tunis__m_dinaTUNIS                                   
Peuplée déjà au IXe siècle av. J-C., Tunis est une banlieue de Carthage où résident quelques marchands phéniciens. La destruction de cette dernière en 698 amène Tunis à devenir un camp militaire, construit avec des restes de Carthage.
L’essor économique fait alors d’elle une place marchande entre Orient et Occident, et elle est promue capitale sous les Hafsides au XIIIe siècle.
Charles Quint la pille en 1535, mais les Ottomans la libèrent et respectent sa structure.
En 1881, sous protectorat français, elle s’étend hors de ses remparts, vers l’est et, en 1957, Tunis devient capitale de la république.


La médina
A l’indépendance, la médina, désertée par la bourgeoisie, est envahie par la population rurale. Depuis 20 ans, un plan de redressement mis en œuvre regroupe dans les souks des commerces ou artisanats de même spécialité. Autour de la Grande Mosquée (Zitouna), on trouve les métiers propres (marchands de parfums, d’étoffes, libraires...) et, en périphérie, les activités sonores ou malodorantes (forgerons, potiers, teinturiers...). Dans le souk avait également lieu, au XVIIe siècle, le marché aux esclaves ; la rue des Andalous, créée au XVIIe siècle, abrite les demeures de musulmans aisés chassés d’Espagne.  (90) (91) (94) (95) (96) (97a)
 
La mosquée Zitouna (Mosquée de l’Olivier)
Fondée en 698, elle est transformée au fil des siècles. Son minaret mesure 44 m de haut.
La salle de prière repose sur 184 colonnes, probablement ramenées de Carthage.

Le musée Bardo
Construit en 1882, il abrite le Parlement et le musée national.

BIZERTE
Fondée au IXe siècle av. J-C. par les Phéniciens puis colonie romaine, la cité est conquise par les Arabes en 661. Enjeu entre Arabes, Normands, Espagnols au Moyen-âge, puis Maures chassés d’Espagne et Turcs, dès le XVe siècle, Bizerte est avant tout un repaire de pirates.
Les Français s’en emparent en 1882, y conservant une base navale après l’indépendance (avec une brève occupation allemande en 1942 et américaine en 1943) jusqu’aux événements sanglants de 1963. Aujourd’hui, Bizerte est un port important de Méditerranée.    (97)
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NB : c’est ici que Roland Garros atterrit en 1913, ayant effectué ainsi la première traversée nord-sud de la Méditerranée.

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DIAPORAMA TUNISIE


Vidéo envoyée par jcgrap

 

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