TITRE-ANIME-LIBAN

TRAJET-AVIGNON-BEYROUTH

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GÉOGRAPHIE

Superficie : 10 200 km2, entre la Syrie au Nord et à l’Est, et Israël au Sud.

Etroit, il est bordé par la Méditerranée sur 220 km. Longueur : 250 km. 

Largeur : de 25 à 60 km.

Population : 4 millions d’habitants

Capitale : Beyrouth.

Langue officielle : l’arabe. Le français, après avoir perdu ce statut, est une langue seconde, employée notamment dans l'enseignement. (1) (2) (3) (7)

Monnaie officielle : la livre libanaise, mais le dollar américain est très usité également.

 

ETYMOLOGIE

Le nom Liban viendrait de lubnan (blanc ou lait, en langue sémite), en raison de la neige qui recouvre ses montagnes en hiver, désignation qui se retrouve plus de 70 fois dans la Bible.

Une autre version attribue son origine à l'arbre à parfum des montagnes libanaises d’antan, le loubân, qui dégageait un parfum unique, qui a donné l’encens.

 

DRAPEAU

drapeau libanaisCréé en 1943, ses bandes rouges représentent le sacrifice pour l'indépendance, et la blanche la neige des montagnes libanaises, à l’instar de la pureté et la paix. 

Le cèdre vert du centre symbolise le pays, avec son bois imputrescible et léger, utilisé par les Phéniciens pour la construction de leurs navires.

Il aurait également servi à bâtir le Temple de Salomon à Jérusalem.

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HISTOIRE

Le peuplement du Liban débute dès 7 000 ans av. J.-C.

A Byblos, considéré comme le plus vieux village du monde, on a retrouvé des restes de huttes préhistoriques, armes primitives et jarres d'argile d’une communauté de pêcheurs.

Patrie des Phéniciens, peuple marin aventureux qui a dominé le commerce et fondé comptoirs et cités sur le pourtour méditerranéen (Carthage, Chypre, Ibiza, Palerme, Tanger...), il est décrit dans la Bible comme la terre du lait et du miel.

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Il connait l'avènement de l’empereur perse Cyrus II au VIe siècle av. J.-C., puis, 200 ans plus tard, la domination d’Alexandre le Grand qui assiège Tyr en 332 av. J.-C., alors la plus grande ville phénicienne.

Les Croisés y développent la banque et la finance, alors que le Coran interdit le prêt à intérêt.

Au XIXe siècle, pris dans le conflit Turquie-Égypte, auquel se mêlent les puissances occidentales, il voit Beyrouth anéanti par la flotte anglaise.

Les Maronites, rattachés à Rome, ont beaucoup contribué à l'importation de la culture occidentale au Liban.

Sous domination étrangère jusqu'à son indépendance en 1943 (perse, assyrienne, grecque, romaine, arménienne, arabe, des Mamelouks, des Croisés, ottomane, française, la culture libanaise s'est ainsi enrichie de l’apport des communautés religieuses et des influences étrangères.

A la fin de l’empire ottoman, la France a été mandatée par la Société des Nations pour développer et moderniser le pays, qui devient république.

Lors de l’indépendance, le 22 novembre 1943, on instaure un système politique pluriconfessionnel.

Suit une période prospère, grâce au tourisme, à l'agriculture, et aux secteurs des banques et des assurances.

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Cependant, le pays subit aussi des tensions sociales et communautaires, et la création d’Israël provoque l'afflux de 120 000 Palestiniens dès 1948, qui aboutit au conflit israélo-palestinien, faisant basculer le pays dans une guerre civile, de 1975 à 1990, dans laquelle se mêlent politique, religion et mafia.

Plus tard, le pays retrouve une certaine stabilité avec la reconstruction de Beyrouth.

Mais la guerre israélo-libanaise de 2006, à laquelle s’ajoute le conflit syrien, remet un terme à l'afflux touristique et provoque un ralentissement économique important. (71) (72) (73) (74)

Le Liban est une démocratie parlementaire avec le partage du pouvoir entre les différentes communautés religieuses majoritaires, à savoir que le Président est obligatoirement un chrétien maronite élu par le Parlement pour six ans, le Premier ministre un musulman sunnite responsable devant les députés, et le président de l'Assemblée nationale un musulman chiite.

Les sunnites acceptent l'indépendance du pays sans chercher à l’unifier avec la Syrie, et les maronites reconnaissent son caractère arabe.

L'Assemblée nationale comporte 128 sièges répartis entre chrétiens et musulmans, élus au suffrage universel direct.

Dans les faits, la scène politique est dirigée depuis des décennies par de grandes familles libanaises, qui prêtent avant tout attention à leurs alliances extérieures pour conserver pouvoir et avantages.

La question de la naturalisation des 455 000 réfugiés palestiniens, regroupés dans une quarantaine de camps, reste source de tensions.

Elle créerait un changement démographique important, car ils sont en majorité sunnites. Les chrétiens et musulmans chiites s'y opposent donc, par peur d’être alors affaiblis.

Leur intégration dans l'économie inquiète les Libanais, le taux de chômage et la dette étant déjà élevés. Cette divergence d’intérêts provoque la guerre du Liban en 1975. Pendant la guerre civile, le parti chiite se scinde avec la création du Hezbollah, qui défend notamment le droit au retour des Palestiniens.

Le nouvel afflux de réfugiés, majoritairement sunnites en provenance de Syrie depuis 2011, amplifie ces tensions, notamment dans le Nord à Tripoli.

Dès les années 1980, l’armée israélienne envahit le Sud du pays afin de limiter le territoire de l’organisation de libération de la Palestine.

Les chiites, laissés pour compte du développement, y sont majoritaires, et considèrent le Hezbollah comme leur meilleure défense.    

Les sunnites, les druzes et les chrétiens redoutent l'armement militaire de ce dernier, qui se justifie par le besoin de pouvoir s’opposer à Israël et d’obtenir le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Ils craignent également l’importation de l’idéologie islamique iranienne pour former un croissant chiite dans la région.

Téhéran ne revendique pourtant qu’un soutien au Hezbollah identique à celui des États-Unis à Israël.

La carte de la diaspora libanaise à l’étranger se veut un miroir religieux : les chrétiens en Europe, aux États-Unis ou au Brésil, les musulmans en Afrique, et tous dans les pays du Golfe.

 

ÉCONOMIE

Les Libanais ont l’esprit d'entreprise et l'émigration a créé un réseau commercial  à travers le monde, avec un envoi de devises des Libanais de l'étranger au pays qui contribue pour 1/5e à la richesse du pays.

Sur la côte, on cultive les agrumes.

Sur les pentes en terrasse des montagnes, ce sont arbres fruitiers, vigne et forêts de pins.

Les coupes excessives ont réduit les forêts de cèdres, remplacées en partie par la garrigue. La guerre a ruiné le pays du cèdre, qui importe maintenant 85 % des produits de première nécessité, vivant d'une économie souterraine et supportant un dette considérable. (45)(47) (48) (49)

 

 

TOURISME  

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BEYROUTH (360 000 hab., presque 2 millions avec l’agglomération urbaine).
Capitale du Liban depuis 1943, elle est, avant la guerre civile, un centre financier, portuaire et culturel important en Méditerranée, du fait des nombreuses entreprises et grandes banques internationales.

L’urbanisation remplit la plaine littorale et les montagnes environnantes, et une agglomération se constitue. (9)
Cette prospérité relative prend fin en 1975 lors de la guerre civile. Beyrouth est divisée entre musulmans à l’Ouest et chrétiens à l’Est.

Beaucoup d’habitants fuient vers d’autres pays.

Le siège de 1978 par l’armée syrienne contre Achrafieh, quartier chrétien de Beyrouth, l’invasion israélienne de 1982 à Beyrouth-Ouest, et les attentats du Hezbollah contre les casernes françaises et américaines se révèlent particulièrement destructeurs. (2) (3) (4)

La guerre y prend une dimension intestine, avec des affrontements pour la suprématie locale.

Immeubles sont touchés, infrastructures  mises à mal, et les banlieues accueillent des réfugiés selon des critères religieux.

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La reconstruction se fait alors en dépit de multiples infractions aux règles d'urbanisme. (1) (6) (7)

L'assassinat en 2005 de l'ancien premier ministre libanais Rafik Hariri, secoue le pays tout entier, et les dernières troupes syriennes se retirent de la ville. 

Beyrouth subit alors une transformation physique et sociale de grande ampleur. Les connivences entre classe politique et promoteurs sont mises en évidence, ainsi que leurs causes, en l’occurrence la hausse des prix immobiliers poussée par l'argent du Golfe et les remises des émigrés. (1bis)                      

Depuis la crise syrienne, la présence des réfugiés accroît la pression sur le marché du logement et sur celui du travail. (2bis) 

BYBLOS  (de papyrus, pour faire les livres (byblia en grec).
Byblos, l'une des plus anciennes villes au monde, a vu sa première installation humaine au néolithique, vers 5250 av. J.-C.

Céréales y étaient cultivées et animaux élevés.

Puis les invasions se succèdent, en provenance de Syrie, Égypte ou Asie, un rempart est construit, l'écriture apparaît et les techniques s'affinent.

Les relations économiques avec l'Égypte contribuent particulièrement au développement de la cité. En échange du bois de cèdre, nécessaire à la construction des temples et des bateaux, arrivent métaux, dont l'or et le lin.

Au Xe siècle av. J.-C., des peuples marins investissent le pays, qui vont ouvrir des comptoirs sur le pourtour méditerranéen. Les Grecs les appellent les Phéniciens.

Byblos en profite. Même si elle ne participe à l'expansion, elle demeure prospère.

En 63 av. J.-C. arrive Pompée, qui ramène la paix, après des siècles d'agitation, entre Assyriens, Perses et Grecs, et Byblos s'étend au pied de la montagne.

La ville s'enrichit et s'embellit. (14)

La suite est plus connue, l'effondrement de l'Empire romain, les Byzantins, l'avènement de l'islam, les Croisés puis l'oubli.

C'est sur la demande de Napoléon III que Ernest Renan effectue au XIXe siècle une étude sur les sites phéniciens, et redécouvre la ville. (13)

 

 

TYR (100 000 hab.)

Déjà évoquée dans la Bible, la ville pâtit aujourd'hui de sa position géographique, puisque proche d'Israël.

Elle est entourée de quelques camps de Palestiniens qui attendent une solution à leur exil.

Dans l'Antiquité la cité était composée d'îlots qui, ensablés, se sont soudés au fil des siècles, avant de se lier au continent.

Elle existerait déjà depuis 2750 av. J.-C.

Au XIIe siècle av. J.-C., c'est le port principal à l'est de la Méditerranée. La ville aurait contribué à la construction du temple de Jérusalem, et est à l'origine de la fondation de Carthage. (20) (21)

Elle subit ensuite la domination des Assyriens puis des Grecs et des Romains.

Enrichie grâce au verre et à la pourpre, une matière colorante qui valait jusqu'à 20 fois plus que l'or, elle troque son nom pour Sour lors de la conquête musulmane.

La zone du Sud Liban étant un sujet conflictuel avec le voisin hébraïque, des hélicoptères israéliens semblent survoler régulièrement la région.

D'autre part, des réfugiés palestiniens arpentent régulièrement promenade et rues du centre. (17) (22)

Site archéologique d'al Bass. (23)

 

 

SAIDA (180 000 hab.)

Mentionnée au XIVe siècle av. J.-C., la troisième cité Liban tend à s'étendre encore davantage et ne dispose que de peu de reliquats de son histoire antique.

En effet, au VIIe siècle av. J.-C., le roi de Sidon (Saïda) refusant l'acquittement d'un impôt mis en place par les Assyriens, ces derniers procèdent à sa destruction.

Alliée des Perses contre les Grecs, elle accueille ensuite volontiers Alexandre le Grand, avec lequel elle assiège Tyr, ce qui lui procure une part du bénéfice de la pourpre, très prisée plus tard par les Romains.

Renommée Saïda sous les Arabes, elle devient le port de Damas, monopole d'autant plus important lorsque les collines à l'entour se couvrent de mûriers à la grande époque de la soie.

Elle perd cette place privilégiée en 1791 mais reste malgré tout un port de pêche actif.

Le Château de la mer (Qalat al- bahr) (27) (27bis)

Il est construit en 1227 par les Croisés avec des matériaux en provenance de ruines des alentours.

Une réfection est entreprise plus tard par les Arabes, avant que le bâtiment ne soit fortement endommagé au XIXe siècle.

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Le Khan el-Franj (le caravanserail des Français)

Il correspond à une auberge où, dès le XVIIe siècle, les négociants français de Saïda logeaient au premier étage, tandis que chevaux et marchandises étaient au rez-de-chaussée.

Il est ensuite résidence du consul français, puis résidence des Franciscains.

 

 

Le souk

Peut-être le deuxième plus important du pays, avec, en son sein, le musée du savon, financé par un important banquier. Situé dans une maison du Moyen-Âge aménagée en atelier au XIXe siècle, il devient propriété de la famille au XXe.

Les multiples étapes de la saponification y sont bien expliquées. (31) (34)

 

JEZZINE

Située à une altitude moyenne de 1 000 m, entourée de forêts de pins et de vignobles, Jezzine est majoritairement chrétienne.

Son nom signifie en araméen « dépôt » ou « réserve », probablement en raison des statues et sarcophages qui y étaient stockés  pour Saida. 

Elle dispose également d'une solide réputation en matière de coutellerie, des pièces avec un manche en tête d'oiseau. (28bis)

 

BATROUN (10 000 hab.)

Ville portuaire du nord, elle est aujourd’hui connue pour sa plage, un amphithéâtre romain taillé dans la roche, et son mur et ses tombeaux phéniciens.     

Son nom viendrait de sa précédente culture de vignes.(56) (59) (53) (54)

 

TRIPOLI (500 000 hab.)

Capitale du Nord du pays, elle est dotée d'une double facette, moderne, avec de longues artères bruyantes et enfumées, bordées de parcmètres (les premiers du Liban), et ses souks traditionnels, odorants et animés. (35) (36) (37) (43)

C'est déjà un comptoir phénicien au IXe siècle av. J.-C., composé de trois cités, al-Mina, al-Kobbé et Abou Samra.

Depuis la guerre civile, Bab al-Tebbaneh et Jabal Mohsen, deux quartiers de la ville, ont été touché par des affrontements violents, les uns soutenant le régime syrien, les autres non.

Il semble aujourd'hui que les deux parties se soient rabibochées, un café citoyen ayant même ouvert sur une ligne médiane, une sorte de nomansland. (4)

D’autre part, la rue Labban (ou rue Minno) est l’endroit branché pour les soirées animées. (51) (52)

Après Phéniciens, Grecs, Romains et Byzantins arrivent les Arabes qui la rebaptisent Trablous.

Les Croisés, avec la citadelle (château Saint-Gilles), redynamisent l'artisanat et l'économie de la ville, avant que les Mamelouks s'en emparent et la dotent de nouveaux bâtiments imposants. (44)

Les Ottomans lui conserveront sa vitalité en développant l'activité portuaire.

 

BCHARRE (Bcharré - Bcharreh - Bcharee - Bcharri - Bcharry)

Dans l’Antiquité, Bcharré était un village phénicien, où l’on exploitait le bois de cèdre. Dès le VIIe siècle, les chrétiens maronites qui fuyaient la persécution grandissante à leur égard, notamment en Syrie, ont été attirés par ses terrains montagneux et accidentés difficiles d’accès. Jusqu’à récemment, les Bcharriotes parlaient encore l’araméen. (61) (63)

Durant la guerre civile libanaise, Bcharré était le bastion de la résistance chrétienne.

Le poète, peintre et sculpteur Khalil Gibran y a vu le jour.

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Le village est situé dans les montagnes du Mont Liban à 1400 m d’altitude, au fond de la vallée de la Qadisha. Il est surtout célèbre pour sa forêt de cèdres, millénaire et sa station de ski alpin, de ski de fond et de parapente l’été. (66) (67) (68)

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BAALBEK (80 000 hab)

Située dans la plaine de la Békaa, son site figure sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, en raison de ses ruines gréco-romaines, avec même des traces de l’époque sémitique.

L’histoire de Baalbek remonte au moins à la fin du IIIe millénaire av. J.-C.

Ville phénicienne florissante où est célébré le culte de Baal, le dieu de la foudre et de la pluie chez les Phéniciens et les Cananéens, elle est ensuite appelée Héliopolis, « Ville du Soleil ».

Les vestiges visibles remontent surtout à l’époque romaine.

Ce sont les temples de Bacchus de Jupiter et de Vénus, bâtis par les empereurs Néron, Trajan, Hadrien et Antonin le Pieux. (75) (76) (77) (81) (82)

Auguste veut montrer la puissance de l'Empire romain et lance la construction d’un grand sanctuaire vers 14 av. J.-C., mais les travaux ne se terminent qu’à la fin du IIe siècle, en tenant compte des usages religieux de l’Orient. Ainsi les autels, beaucoup plus importants que ceux des sanctuaires romains, ou les escaliers des temples permettant d’accéder au toit, servant probablement à des activités culturelles orientales, escaliers qui n’existe pas dans les temples romains. (78) (80) (83)

Les cultes mystiques s’insèrent donc dans la culture romaine, destinés à consacrer la renaissance après la mort.

 

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Le festival de Baalbek

Grand événement culturel où les artistes du monde entier et de toute discipline viennent s'y produire : des compagnies de danse, des orchestres, des chanteurs et des compagnies de théâtre.