SULAWESI

 

CAMBODGE-2

15 millions d'habitants.

Superficie : 181 035 km2

Capitale : Phnom Penh

Espérance de vie : 62,6 ans

Sports populaires : football, volley-ball, boxe khmère et dacau

Etat successeur de l’Empire khmer qui règne sur pratiquement toute l'Indochine entre le XIe et le XIVe siècles, le Cambodge a des frontières communes avec la Thaïlande à l'Ouest et au Nord-ouest, le Laos au Nord-est et le Viêt Nam à l'Est et au Sud-est.

Malgré la pauvreté, le pays connaît un fort développement économique depuis les années 2000, notamment grâce à l'afflux d'investissements étrangers.

CARTE CAMBODGE

HISTOIRE

Lors de l'empire khmer, de nombreux temples sont érigés sur le territoire, dont Angkor Vat, le plus fameux.

Ensuite c’est le déclin, au profit du Siam à l’ouest puis de l'Annam à l’est, jusqu’au protectorat instauré par la France en 1863.

La responsabilité de cet affaiblissement sera attribuée aux différents dirigeants par les nationalistes qui, à partir de 1950, aspirent au retour de la gloire d’antan.

Temple d'Angkor

L’indépendance arrive en 1953, suite à la guerre d'Indochine, avec une monarchie constitutionnelle dirigée dès 1947 par le roi Norodom Sihanouk.

Malgré sa neutralité lors de la guerre du Viêt Nam, il laisse pourtant transiter troupes et fournitures à destination des combattants anti-américains sur son sol.

Mais, confronté à une insurrection des Khmers rouges en 1967-68, il doit se résigner à laisser les rênes aux militaires en 1969, en échange d'une aide américaine, qui le renversent l’année suivante, avec le général Lon Nol à leur tête.

La république khmère nouvellement instaurée, est alliée des Etats-Unis et participe à l'endiguement du communisme en Asie du Sud-Est.

C’est alors la guerre civile, contre les Khmers rouges soutenus par la Chine, mélangée à la guerre du Viêt Nam.

Proches de la victoire en 1970, les Khmers rouges sont bombardés intensivement par les Etats-Unis, qui repoussent ainsi menace communiste jusqu'en 1975, date à laquelle les Khmers rouges de Pol Pot prennent Phnom Penh, installant un régime autoritaire maoïste.

Les villes sont vidées de leurs habitants, envoyés en rééducation dans les campagnes.

PHOTOS-TETE-CAMBODGEL’éradication des élites, les mines, la malnutrition et les maladies mènent à une catastrophe humanitaire faisant plus d’1,5 million de victimes.

En 1978, le Viêt Nam, redoutant ce chaos, envahit le pays, provoquant l'effondrement du régime des Khmers rouges et installant un gouvernement proche du socialisme vietnamien.

La guérilla fait rage, des millions de mines sont disséminées dans le pays et des centaines de milliers de personnes fuient par la Thaïlande vers des camps de réfugiés durant les années 1980.

Le départ des Vietnamiens en 1989 fait place à un nouveau régime, avec un premier ministre, Hun Sen, placé au pouvoir par le Viêt Nam, et qui se maintient malgré trois élections et une politique douteuses.

Son principal opposant, Sam Rainsy, s'est réfugié à Paris en 2005, et le roi Norodom Sihanouk, redevenu chef de l’État en 1993, a abdiqué à nouveau en 2004 au profit de l’un de son fils Norodom Sihamoni, ancien danseur classique et ambassadeur du Cambodge auprès de l'Unesco à Paris.

Aujourd'hui, le Cambodge, encore dépendant de l'aide internationale, souffre d'une corruption de masse, même si une certaine stabilité politique attire les investissements internationaux.

Ce sont principalement le tourisme et le textile qui permettent aujourd’hui l’afflux de devises, faisant bénéficier le Cambodge d'un des plus forts taux de croissance de la région.

 

 GÉOGRAPHIE

Frontalier avec la Thaïlande, le Laos et le Viêt Nam, le Cambodge, de faible altitude, vit au rythme de l’eau, avec le Tonlé Sap (rivière d’Eau Fraîche en khmer et le Mékong (Tonlé Thom, Grande Rivière) dont l'entrée du delta abrite Phom Penh, sa capitale.

Prenant sa source au Tibet, le fleuve traverse la moitié Est du Cambodge pour rejoindre le Viêt Nam, où il se jette en mer de Chine.

Le Tonlé Sap est, quant à lui, le plus grand lac du pays, formé par l'inondation d'une vaste plaine durant la saison des pluies, jusqu'à 10 000 km2 alors qu’il n’en a que 300 km2 en saison sèche.

 

ÉCONOMIE

L’économie cambodgienne pâtit également de la crise financière de 2008, en raison du ralentissement des exportations vers ses principaux clients, les Etats-Unis, l'Allemagne, la France et la Chine.

Secteur primaire : spécialisé dans l'agriculture, la pêche, l'exploitation forestière et l'exploitation minière, c’est la première qui pourvoit le plus d’emplois, à raison de 58 % de la population.

Basée sur la culture du riz, du maïs et du tabac et la production de viandes et poissons, elle inclut aussi la production de café, dans les provinces de Mondolkiri et Ratanakiri.

Parmi les ressources naturelles, on compte bois, pierres précieuses, minerai de fer, manganèse et phosphate, caoutchouc, le potentiel hydroélectrique du Mékong.

Secteur secondaire : concentré principalement sur la transformation des matières premières, il est dominé par l'industrie textile, qui représente à elle seule 75 % des exportations du pays.

S’y rajoutent la fabrication de papier, ciment, chaussures, cigarettes, et la transformation du bois pour l'export.

Secteur tertiaire : il regroupe les services - banques, assurances, santé, éducation, services publics - et tourisme, à l'activité la plus forte en terme de croissance, avec quelque 2,5 millions de visiteurs par an.

Première source de devises, elle entraîne de gigantesques projets dans les deux principales destinations touristiques du pays, Siem Reap et Sihanoukville.

Les premiers pays fournisseurs du Cambodge restent la Thaïlande et le Viêt Nam, alors que les États-Unis demeurent le premier acheteur du pays, devant Singapour et l'Allemagne.

Le faible taux de chômage oscille 3 et 3,5 % de la population active.

 

DÉMOGRAPHIE

Les Khmers sont majoritaires à 85,4 %, devant les Viê (7,4 %), les Chams (3,5 %), les Chinois (3,2 %), puis les Kui, Mnong (ou Pnong), Tampuan, Laos, Jaraï, Kru’ng, Malais, Taï, Chong…

Koh Trong, gamine

Les pertes dues au régime des Khmers rouges entre 1975 et 1979 sont estimées à près de 20 % de la population, soit 1,7 million de personnes.

 

LANGUES

Des quelque vingt langues parlées au Cambodge, deux sont austronésiennes, le cham et le jarai, les autres relevant globalementde la branche môn-khmer de la famille des langues austroasiatiques.

La première langue maternelle du pays reste le khmer, avec 13 millions de locuteurs, soit 96 % de la population.

Depuis l’ouverture du pays, de nombreux Cambodgiens apprennent le thaï, pour les échanges commerciaux.

Le chinois également, de par la communauté chinoise, généralement  bilingue, qui parle khmer ou vietnamien en seconde langue.

Le français est encore parlé par quelque 5 000 personnes ayant connu l'époque coloniale.

 

CUISINE

Riz et noix de coco représentent la base d’une alimentation équilibrée.

La sapèque d'or, l'amok, le prahok, le loc lac, le poulet au curry, les nouilles de riz sont les mets principaux du Cambodge.

 

RELIGION

Religion d’État, le bouddhisme theravada est pratiquéepar 95 % de Cambodgiens, mais coexiste avec une petite communauté musulmane (2 %) de l’ethnie Cham principalement.

De plus, quelques chrétiens et des minorités montagnardes ont conservé l'animisme, présent avant l’apparition de l'hindouisme, et toutes ces religions semblent vivre en bonne communauté.

Bord du Mékong, coucher de soleil

PHNOM PENH (1,5 million hab.)

Une vieille femme, nommée Penh, avait installé sur une colline quatre figures de Bouddha qu'elle avait découvertes au bord du Mékong. D'où le nom colline de Penh. 

Au XVe siècle, Angkor est abandonnée, car exposée aux attaques du royaume de Siam, et la capitale transférée à Phnom Penh, dont la position sur le Mékong présente un atout pour le commerce avec le Laos et la Chine.

Malheureusement, les incursions vietnamiennes du XVIIe siècle privent la ville de son accès à la mer, réduisant la région à un rôle de zone tampon entre Siam et Vietnam.

Ce n'est que sous protectorat français, à partir de 1863, qu'elle regagne de sa superbe, avec une division en quartiers abritant quelques édifices prestigieux, jusqu'à l'Indépendance et le règne de Norodom Sihanouk, renversé en 1970.

L'extension de la guerre du Vietnam et l'afflux de réfugiés booste la population à près de 3 millions, avant qu'elle ne se vide littéralement en 1975 à l'arrivée des khmers rouges.

Elle se repeuple à partir des années 1980, mais ne recouvre lentement une santé économique qu'à partir du XXIe siècle. (8)  (9)  (10)

 

Musée Tull Sleng

La S-21 est le nom donné à un ancien lycée, devenu l'un des pires camps de prisonniers des Khmers rouges entre 1975 et 1979. Son directeur était Douch, jugé il y a quelques années. 

On y torturait les traîtres au régime, à juste titre ou non, ainsi que leurs familles, qui finissaient par avouer des faits dont ils ignoraient l'existence.

On estime à plus de 15 000 le nombre de victimes passées par là. (4)

En 1978, une délégation suédoise, invitée par Polpot à se rendre au Cambodge, visite nombre de bâtiments et de fabriques sans se rendre compte des atrocités commises, et continue à soutenir le tyran, y compris au siège de l'ONU dans les 10 années qui suivent sa chute, réclamant son retour.

Les fils de fer barbelé des baraquements visaient à empêcher le suicide des désespérés. (3)

L'appareil dénommé la potence servait à l'exercice physique du temps des lycéens.

Au S-21, on y suspendait les prisonniers par les pieds pour les interroger, jusqu'à ce qu'ils perdent connaissance, puis leur plongeait la tête dans les jarres sises en dessous pour qu'ils reviennent à eux et que reprenne l'interrogatoire. (5)  (6)

Le camp d'exécution de Choeung Ek, connu sous le nom de champs de la mort ou killing fields, "accueillait" le trop-plein de prisonniers, que l'on assassinait à coups de bambou ou, pour ce qui est des enfants, en leur projetant la tête contre un arbre.

 

Marché russe

Surnommé ainsi parce que les expatriés russes y faisaient leurs emplettes dans les années 1980, c'est un immense bazar. (7) 

En fin d’après-midi, les bords du Mékong se remplissent de promeneurs, d’adeptes du sport, de bigots venant allumer des bâtons d’encens et de cartomanciennes qui annoncent aux clients ce qu’ils souhaitent entendre. (1) (11)

 

BATTAMBANG (250 000 hab.)

Deuxième ville du pays par sa population, elle est le centre commercial de l’ouest depuis plus de 500 ans.

Un géant roi, lançant un gourdin à un rival pour le tuer, le manque. Le bâton retombe et forme un ruisseau nommé O Dambang, avant de se perdre dans une région reculée, nommée « province de Battambang » (perdre le bâton) par l’un des rois suivants.

L’administration coloniale française, arrivée en 1907, démantèle les maisons en bois traditionnelles du bord de la rivière, les remplaçant par des habitations en dur, et construit un centre-ville, relié par la route et le rail à Phnom Penh.

On encourage les commerçants d’origine chinoise, comme dans toute l’Indochine, à en animer le cœur avec leurs échoppes. (14) (15)  (16) (17)

Battambang a quelque peu conservé de son atmosphère provinciale, même si son soi-disant charme colonial est exagéré.

La gare ferroviaire, plus desservie depuis 2009, attend que soit restaurée la voie ferrée, devenue dangereuse.

Les travaux, prévus par un accord entre le gouvernement et des sociétés privées, se font attendre. (12) (13) 

Durant le mois de novembre, chaque bourgade dispose d'un jour dédié aux moines bouddhiste, auxquels ils vont offrir de la nourriture et des vêtements, ces derniers ayant interdiction pendant trois mois de sortir du temple pour aller mendier leur pitance à l'extérieur, comme il est de coutume le matin. (19) (20) (21) (22)

Les maisons traditionnelles en bois appartiennent beaucoup au passé, les Cambodgiens ayant aussi franchi le pas du béton.

Ces habitations anciennes, faites en partie de tek, et d'acajou pour le sol, se visitent aujourd'hui comme un musée. (23)               

Trajet en bateau, filets de peche

Entre Battambang et Siem Reap, le bateau, moyen de transport apprécié, permet de passer des villages flottants, avec école, église, temple et magasins, et d'observer des pêcheurs de tout poil, à la ligne ou au filet, notamment ces immenses nacelles qui flottent sur l'eau. (24) (26) (27) (28) (29) (30) (31)

 

SIEM REAP (175 000 hab.)

Temple d'AngkorEn plein essor touristique du fait des temples d'Angkor,  la ville mélange est en pleine croissance.

Son patronyme, Siamois, terrassés, se rapporte à une bataille entre armées siamoises et…khmères, victorieuses.

Aux alentours, près du lac Tonlé Sap, se trouvent des villages de pêcheurs et des sanctuaires pour oiseaux.

Dans la première moitié du IIe millénaire, l’empire khmer domine l’Asie du Sud-Est de la Birmanie au Viêt Nam, avec pour capitale Angkor, qui compte jusqu’à 750 000 habitants, pour une superficie de 3 000 km2.

Macaques

Haut-lieu de pèlerinage bouddhique du IXe au XVe siècle, elle n’a pas vraiment été découverte par l'Occident, mythe pratique dans le contexte colonialiste.

Au-delà des temples, ce site s’inscrit dans un complexe d'aménagements hydrauliques, base de la prospérité de la région, à la suite du fondateur de l’empire, Jayavarman II. (50) (51) (52) (53) (54) (55) (58) (59)

Bayon

Les barays, immenses citernes, permettent d’éviter les inondations et de stocker l’eau pour les périodes de sécheresse.

Suivant la cosmologie hindouiste, les temples-montagnes symbolisent le mont Meru, axe du monde.  

C'est Suryavarman II qui édifie Angkor Vat vers 1130, après une période troublée par les attaques des Chams, grands rivaux des Khmers. (33) (34) (35) (36) (37) (39)

Le bouddhisme mahayana devenu religion d’état, les constructions se multiplient, Bayon, Ta Prohm, Preah Khan…  (68) (69) (70) (71)

Le déclin viendra, officiellement, des confrontations avec les royaumes voisins au XVe siècle, notamment Ayutthaya, mais probablement surtout de l’extension de la capitale de l’empire khmer et ses conséquences écologiques.

Après le détournement des constructions vers des représentations du Bouddha par des moines, le site, abandonné, est enseveli sous la végétation. (60) (61) (62)

East Mebon

65-East-Mebon

Après le déminage et la restauration, il se visite aujourd'hui et ce sont des flots de touristes déversés chaque jour, dont une forte délégation chinoise, reconnaissable au bruit, aux couleurs, et au comportement qui pourrait bien menacer l’ensemble à terme…  (45) (46) (47) (49) (64) (65) (66)

En compensation des macaques peuplent l’endroit ici et là.

Banteay, Kdei

Comme d’habitude, les petits sont joueurs, les parents au taquet, et les ancêtres plutôt indifférents. (40) (41) (42) (43)

Entre les différents sites, l’activité campagnarde suit son cours, qui labourage, qui fabrication de pains de sucre. (48) (56)

Les couchers de soleil somptueux sont à éviter sur les sites recommandés, où l’affluence réglementée entraine fraude et potentiellement rendez-vous manqués avec l’astre ! (72)

 

L’Est                                                                                                        

Dans les provinces de l’Est du pays, à la population moins dense, les espaces sont forestiers.

Sous les Khmers rouges, les déportations, famines, et exécutions y furent moindre.

Les revenus proviennent à 80 % de l'agriculture, dont la riziculture majoritairement.

Le district de Kratie est relié aux trois quarts au réseau électrique, contrairement au reste de la province.

Les productions notables sont celles du riz, généralement supérieure aux besoins, donc permettant le commerce ; le maïs, deuxième production agricole du Cambodge, sans atteindre le niveau de Battambang ; et le sésame.

En plantations fruitières, on compte essentiellement des noix de cajou et des bananes.

Maisons typiques

Maisons typiquesKRATIE (37 000 hab.)

Sise sur le Mékong, la ville  présentait pour les Français, une position idéale, de laquelle ils pouvaient administrer les cultures de maïs, coton, latex et tabac de l’arrière-pays. (76) (77) (83) (84) (85) (86) (87)

Maisons typiques

 

Environ 80 dauphins d’eau douce de plus de 2 mètres de long peuplent les eaux du fleuve, entre Kratie et Stung Treng.                                                  

Cet immense cétacé à la tête protubérante et à une nageoire dorsale courte, est pourtant en voie de disparition.

Il se montre volontiers tout en restant furtif lorsque l’on « navigue » sur les eaux du fleuve à la hauteur de Kampi, à 15 km au Nord de Kratie. (81) (82)

20 km plus loin encore, à Sambor, sur le site de la Pagode aux 100 colonnes, le Centre pour la préservation des tortues du Mékong est un joli projet et une belle arnaque. (78) (79) (80)

L’idée est d’encourager les villageois à conserver les œufs de tortue pour les élever durant quelques mois, avant qu’elles ne soient rachetées par le centre.

A l’âge d’un an, elles sont relâchées dans la nature.

Koh-Trong, pileur de glaceUne pensée très louable. Mais l’attrait réside principalement dans la tortue géante qui peut avoisiner jusqu’à deux mètres…or, on ne la voit pas, elle dort (elles dorment ?) soi-disant dans son grand bassin.

En résumé un résumé presque exhaustif (!), 35 km, 4 dollars, pour quelques malheureuses tortues exhibées par un personnel peu motivé.

L’île de Koh Trong, face à Kratie, accessible par bac, est réputée pour ses pomelos, qui dont est affublé presque chaque jardin.

En sus, rizières, jacquiers, et autres bambous, pas une voiture, quelques sourires.  

Six kilomètres de circonférence et l’affaire est dans le sac. (87) (88) (89) (90) (91) (93)

 

RATANAKIRI

Le nom de la province, Rotanah Kiri vient de giri (montagne) et rotna (pierres précieuses).

Ici, l’ethnie khmère est minoritaire.

Passagers bateau

Les Khmers Loue (Khmers­ d’en haut), en fait une douzaine de minorités, peuplent la région depuis des siècles.

Entre le XIIIe et le XIXe, ils sont régulièrement réduits à l’esclavage par des marchands khmers, thaïs ou laos, qui font place, en 1893, au régime colonial de l’Indochine française, qui les emploie à la récolte du caoutchouc dans les plantations d’hévéas.

Suit une campagne de modernisation, et surtout de khmérisation, instaurée par Norodom Sihanouk, avec déplacement de populations, travail forcé dans les plantations d’hévéas, enseignement de la langue khmère et installation de Khmers dans la province.

Des émeutes en 1968 mènent au massacre de centaines de villageois, et à l’exploitation de la situation par Pol Pot, qui trouve ainsi écho à sa cause auprès des Khmers Loeu.

Le leurre est de courte durée. Bientôt, des purges interdisant à ces derniers d’utiliser leur propre langue et pratiquer leurs coutumes traditionnelles, considérées comme anticommunistes, les poussent à fuir au Viêt Nam ou au Laos.

Pourtant, il semble que ce soit la région dans laquelle les sévices des Khmers rouges aient été les moins importants.

A la chute du régime, en 1979, les Khmers Loeu se voient octroyer le droit de retrouver leur mode de vie traditionnel, droit pourtant menacé par la modernisation, tourisme, agriculture et immigration massive de Khmers en provenance des plaines.

Arbre geant

A cela s’ajoute la hausse des prix des terrains. Malgré une loi allouant aux communautés minoritaires des titres de propriété collectifs sur leurs terres traditionnelles, la corruption permet des ventes théoriquement illégales, même si certaines ONG parviennent à limiter les dégâts.                                                            

La géographie du Ratanakiri comprend collines, montagnes, plateaux et plaines, et deux rivières importantes, le Tonlé San et le Tonlé Srepok.

Connue pour ses forêts vierges aux sols rouges fertiles, secondaires, qui, défrichées, se reconstituent après avoir été laissées à l’abandon par les cultures sur brûlis.

Les espèces florales y sont variées, et feuilles de tabac ou mini-tomates se cueillent dans le jardin. (118) (119) (120)

Pour la promenade en jungle, le panat nko, entre arbuste et arbre, permet grâce à son jus, de s’abreuver si on le coupe en tronçons. (122)

La faune locale, importante, comprend éléphants d’Asie, singes, sangliers, tigres, ibis géant (…), toutefois peu aisés à rencontrer sur le chemin.

Même si de nombreuses zones sont protégées, à l’instar du parc national de Virachey, le développement récent - accroissement de la population, abandon de l’habitat traditionnel, intensification de l’agriculture, exploitation forestière et braconnage- engendre des problèmes environnementaux.

Le trafic du bois, aux mains des militaires cambodgiens et des exploitants vietnamiens, est une véritable menace.

240 villages disséminés en 50 communes, elles-mêmes réparties en 9 districts, sont administrés en respectant une composante traditionnelle basée sur les anciens, chargés de gérer affaires communales et différends. (106)                                            

L’agriculture devient commerciale, avec arachide, noix de cajou, tabac ou mangue et, à plus grande échelle, maïs, hévéas, palmiers, et le troc habituel entre les minorités tend à disparaitre. (135)  (136)

A cela s’ajoute l’extraction de pierres précieuses de la région de Bokéo. (127) (128)

Banlung

Banlung (18000 hab.)

Chef-lieu du Ratanakiri. (101) (138)

Ici peu de lumière le soir, il faut prêter attention, comme en journée entre les différents véhicules. Pas franchement de règle de circulation mais une anarchie contrôlée, chacun s’approche précautionneusement.

Au Cambodge, la conduite est à droite mais la place du volant, elle, est hésitante, reflétant peut-être les différentes influences du pays.

La langue se trouve, au contraire, bien définie. Le khmer ou une langue minoritaire, et, pour la communication avec l’ « étranger », l’anglais s’est imposé, détrônant le français parlé par quelques personnes âgées aujourd’hui.

Ceci dit, la langue de Shakespeare est sujette à quelques sautes d’humeur quant à sa maitrise, selon l’opportunité. Un côté très pratique pour les Cambodgiens qui, ainsi, s’éclipsent de certaines situations délicates.

Les chutes d’eau de Cha Ong (25 mètres de haut, Kan Chanh (12 mètres de haut), Ka Tieng (10 mètres) avec l’excursion à dos d’éléphant. (95) (96) (97) (98) (99) (10)

Le lac de cratère de Yak Loum.(102) (103)

Enfants Kavet

Les minorités

Les Khmers Loeu, majoritaires, à 70 %, regroupent des ethnies différentes : les Tampuan (très bien représentés avec 24,3 %), les Jaraï (17,1 %), les Kreung (16,3 %), puis les Bru, les Kachok (2,7 %), les Kavet (1,9 %), les Kuy, les Lun. (108) (109) (113) (116) (117)

A celles-ci s’ajoutent les Khmers (19,1 %), les Lao, les Kinh, les Cham, les Chinois.

Chez ces peuplades, le niveau d’éducation est peu élevé, l’eau potable à 5,5 %, les toilettes rares, à l’instar de l’électricité, la majorité utilisant des lampes à pétroles ou à huile. (110) (115)

Le bois est le combustible pour la cuisson. (107)

Guide KavetLes maisons rurales, construites dans des clairières gagnées sur la forêt, sont faites de bambou, de rotin, de bois et de feuilles, à la validité d’environ trois ans. (114)

Généralement animistes, leur cosmologie est liée aux éléments naturels, avec des esprits habitant les forêts.

Malheureusement la conscience écologique ne triture pas ces derniers et les abords des villages retirent parfois un peu du charme de l’endroit.

Sur les chemins, les traces des déchets organiques d’immenses vers de terre ressemblent à de petits cumulus montrant le cap à suivre. (105)

Homme Kavet coupant la viande

Les villageois, comme partout dans le monde, brassent leur propre alcool     , appelé ici jarwine (de jarre et vin), une mixture quelque peu sucrée à base de riz auquel on rajoute régulièrement de l’eau, et que l’on siphonne à l’aide d’une paille en bambou. (121)

Il faut souvent emprunter un bac pour gagner les côtés des rives où se situent les villages des ethnies minoritaires. (104)

Après Bokéo, la route laisse la place à la piste, jusqu’à la frontière vietnamienne. (125) (126) (129) (131) (132) (133) (134)

La route qui descend au Mondolkiri est tout récente, comme celle de Siem Reap au Ratanakiri, et la liaison s’effectue rapidement en van.

Vers frontière vietnamienne

Avec ces derniers, la règle veut qu’on attende à sa pension une demi-heure avant le départ prévu, car il ramasse tous ces passagers selon un schéma propre au chauffeur, pour partir généralement en retard.

Mais ce temps semble être calculé dans la durée du transport total.

L’arrivée répond à la même logique, à savoir des aller-retours pas toujours compréhensibles.

Les places, nombreuses, quatre rangées de quatre (pensées pour trois par le constructeur), plus deux à l’avant, semblent, elles, suivre un plan simple : les locaux devant, là où l’on peut étendre ses jambes.

Pulung, plantation caféMONDOLKIRI  (Rencontre des collines)

Sise à une moyenne de 800 m d’altitude, avec un point culminant à 1 078 m au Phnom Nam Lier, la région offre quelques chutes d’eau spectaculaires aux abords à l’air de décharge publique comme il se doit, mais également un paysage de verts vallons ponctués de routes rouges, propices à l’exploitation de l’hévéa et l’épicéa, par Ikea entre autres, qui détient quelques forêts et verbalise tout propriétaire d’éléphant qui s’attacherait à en entamer l’écorce. (139) (140) (143) (144) (145) (147)

Une belle route toute neuve la relie au Ratanakiri et au Viêt Nam voisin. (146)

Ici, les deux tiers de la pêche sont consommés sur place.

Une partie, classée en zone naturelle protégée, abrite deux sanctuaires animaliers.

 

Sen Monorom (7500 hab.)

Ville principale de la province, elle a quelque chose des bourgades de l’Ouest américain d’antan.

Son développement rapide ainsi que les spéculations sur les terrains ont fait grimper les prix, multipliés par trois ou quatre en quelques années.(141) (142)

Putang, champs, grand-parents de BoulLes Bunong

La minorité du Mondolkiri au taux de pauvreté élevé, peuple les zones plus inhospitalières du pays. (156) (159)

Le tourisme aidant, certains parviennent cependant à faire évoluer le revenu de la communauté, ou tout au moins le leur, en proposant des promenades ou treks alliés à l’observation d’éléphants dans un milieu semi-naturel, à savoir les travaux des champs.

Un projet se dit vouloir les y réinsérer, après qu’ils ont servi au transport de voyageurs sur certains sites.

La question de la véracité de ce projet me semble pourtant se poser, à l’instar du bénévolat qui s’y pratique –comme partout dans le pays avec les cours d’anglais par exemple- pour lequel des touristes en mal de bonne cause donnent de leur temps, voire payent pour aller construire un semblant de barrage et laver des pachydermes.

Le business de l’action humanitaire va bon train et, dans le cas contraire, pour des périodes d’un jour (?) à un an, c’est le doute qui m’envahit quant à la pertinence et l’efficacité de l’engagement. Satisfaction de la bonne conscience ou altruisme à durée déterminée ? Ou existe-t-il une méthode révolutionnaire qui permet d’enseigner la langue du perfide Albion en quelques jours ?

Putang, vuePutang est le vivant exemple de cet essor, où l’on peut également simplement se loger et prendre ses repas. (150) (151) (152) (153) (154) (155)

L’électricité, installée voici trois ans, pose les bases d’une communauté en développement et permet la lumière dans les chaumières, ainsi que la télévision en continu, qui distille des soap opéras mal synchronisés, en provenance de Thaïlande et autres producteurs de soupe à l’eau de rose.

Depuis un an, le puits a été automatisé, facilitant grandement la quête de l’eau, et les lavages en tous genres, préparations culinaires. (157) (158)(160)(161)(162)(163)(165)Putang, champs, soeur de Boul

Les transports sont variés et les opérations inhérentes au progrès se réalisent sans aller forcément au garage. (164) (169) (167) (168)

Le village dispose aussi de son école, où ont lieu les cours d’une manière aléatoire, selon le calendrier des fêtes et des jours de nettoyage. (170) (171) (172)

Soit dit en passant, les tâches relatives aux champs s’accomplissent aussi sans participation pachydermique. (173) (175) (176) (177) (178) (180)

Culture du poivreKampot (42 000 hab.)                                               

Située dans la province du même nom, la ville était, au temps colonial, synonyme de poivre, une marque toujours présente dans son pedigree.(183)

Cette épice issue d'une liane tropicale représente le premier produit agricole cambodgien à avoir bénéficié d'une indication géographie protégée (IGP) en 2010.

Considérée par certains comme l'un des meilleurs poivres au monde, elle avait pourtant presque disparu sous les Khmers rouges.

La production importante des pays voisins, quoique de qualité inférieure, a rendu  difficile la reprise de sa culture, aujourd’hui de retour grâce aux coopératives, qui veille au séchage et au tri de grains de qualité. (191)

Les premiers fruits apparaissent au bout de trois ans et un plant donne de 2 à 4 kg.

Non loin de là, plusieurs entreprises est produisent également du sel.

Les grottes sanctuaires de Phnom Chngok.

Quelques stalagtites peuplent l’endroit, tout comme les chauve-souris qui vivent dans deux cheminées naturelles.

Dans la chambre principale un temple de briques du VIIe siècle (ère de Funan) est dédié à Shiva. (186) (187) (188) (189)

Mobylette chargéeLe paysage à l’entour, typique de l’Asie du Sud-Est, avec ses rizières et ses cocotiers, est ponctué de bars où se rassemblent, samedi oblige, les aficionados de la boxe cambodgienne…et les paris vont bon train. (184) (185) (190) (193) (195)

Bord du Mékong, coucher de soleilKoh Tonsay (île aux lapins)

Petite île au large de Kep, elle baigne dans le golfe de Thaïlande. (196)

Fréquentée avec retenue, encore, l’activité y fonctionne au ralenti. Cuisine, massage, baignade…de quoi terminer en beauté relaxative… (200) (201) (202) (203)

Son nom provient de sa forme, aucun lapin en vue sur l’île. (199) (204) (206) (207)

L’algue, au contraire, semble être un mets apprécié, à en croire les plateaux de séchage que quelques îliens entretiennent avec soin. (197) (198)

 

Phnom Penh

…le retour, pour les achats. Et la constatation que, sur la route, les conducteurs ne sont pas tous des fous de vitesse, un tuktuk emprunté dans la ville se révèle être probablement le plus lent de ceux qui habitent le Cambodge. Pourtant, la course n’est pas forcément plus longue, de par sa connaissance des raccourcis.

Le Cambodge ne m’a pas déçu. Sans devenir mon pays favori, aucun n’a pu détrôner le Myanmar, dans la région au moins, et sans offrir des paysages à couper le souffle –pas une ville non plus que je pourrais qualifier de charmante-, il s’avère souriant, présente des facettes multiples, selon la région, et montre un peuple qui a su ressortir la tête de l’eau après une page d’histoire terrible, marquée au fer rouge.

Celle-ci a été tournée, même s’il semble que quelques individus isolés n’ont pas accepté la reddition, et aujourd’hui le rapport au tourisme présente certes les caractéristiques inhérentes à son essence mais les désagréments restent dans les limites du raisonnable.

Certaines parties du pays, à l’Est principalement, restent ignorées de la masse, mais la création récente de routes pourrait peut-être contribuer à leur essor.

Reste alors à espérer que le développement se fasse en douceur, contrairement à ce qui se passe dans la région des temples où les sites, menacés par une épée de Damoclès, auraient certainement besoin d’une surveillance accrue, et surtout moins laxiste.